‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 331 sur 551 · CONSTITUTIONS SICILIENNES · texte numérisé non relu

CONSTITUTIONS SICILIENNES

tous les archevêques et princes de l'Europe, avec ordre de les mettre à exécution dans leurs domaines respectifs, où, pendant quelque temps, elles servirent de base aux procédures inquisitoriales. A Rome, la chasse aux hérétiques réussit à merveille et les fidèles purent se réjouir d'un nombre considérable d'exécutions par le bûcher. Encouragé par le succès, le pape publia une Décrétale, fondement de toute la législation inquisitoriale subséquente, aux termes de laquelle les hérétiques condamnés devaient être abandonnés au bras séculier pour recevoir un châtiment exemplaire; ceux qui revenaient à l'Église devaient être emprisonnés à perpétuité et quiconque avait connaissance d'un fait d'hérésie devait, sous peine d'excommunication, le dénoncer aux autorités ecclésiastiques 1).

En même temps, Frédéric II, qui désirait donner à Rome le moins possible d'autorité dans ses domaines de Naples.y confia l'œuvre de la persécution aux officiers royaux. Dans ses Constitutions Siciliennes, promulguées en 1231, il ordonna à ses représentants de rechercher avec diligence « les hérétiques qui marchent dans les ténèbres ». Tous, quelque faible que soit la suspicion, doivent être arrêtés et examinés par des ecclésiastiques et ceux qui s'écartent dans une mesure quelconque de l'orthodoxie doivent, s'ils s'obstinent, obtenir le martyre par le feu auquel ils paraissent aspirer. Quiconque oserait intercéder en leur faveur sentirait le poids du déplaisir impérial. Quand on songe que cette législation émanait d'un libre penseur, on conçoit quelle était alors la pression de l'opinion publique, à laquelle Frédéric II n'osait pas résister. Et il ne se contenta pas de vaines menaces, car une série d'exécutions eurent lieu tout de suite. Deux ans après, l'Empereur écrivit à Grégoire, déplorant que ces exemples n'eussent pas suffi, parce que l'hérésie relevait la tête, et annonçant qu'il avait ordonné au juge de chaque district de recommencer l'enquête avec la

(1) Raynald. Annal ann. 1231, n° 13, 18, — Ripoll i, 38, — Ricobaldi Ferrar. Hist. Imp. ann. 1234. — Paramo deorig. Offic. S. lnq. p. 177. — Richardi di S. Germano, Chron. ann. 1231. — C. 15 Extra v, vu (dans ce canon, noluerint est évidemment une erreur pour voluerint). — Hart/helm, ConciL German ni, 540.

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