‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 339 sur 551 · RÉSISTANCE DES ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE DES ÉVÊQUES

dans chaque sentence, le droit de la modifier, de l'aggraver, de l'atténuer ou de l'abroger (1).

334 Puisque les inquisiteurs, en 4246, attendaient encore des évêques qu'ils subvinssent à leurs dépenses, ils se reconnaissaient ainsi, du moins en théorie, comme de simples adjoints des cours épiscopales. En outre, les évêques devaient construire les prisons pour l'internement des convertis, et bien qu'ils se soient soustraits à cette obligation, dont le roi dut s'acquitter à leur place, le concile d'Albi, tenu en 1254 parle légat du pape, Zoen d'Avignon, admit que les prisons étaient sous la surveillance des évêques. Le même concile rédigea une série d'instructions détaillées relatives au traitement des hérétiques. C'est la dernière manifestation du pouvoir épiscopal en ces matières, car tous les règlements postérieurs furent édictées par le Saint- Siège. Môme un persécuteur aussi expérimenté que Bernard de Caux, qui, dans ses sentences, négligeait complètent la juridiction épiscopale, reconnaissait, en 1248, qu'il était subordonné aux évêques,' en sollicitant l'avis de Guillem de Narbonne; à quoi l'archevêque répondit, non seulement par des conseils relatifs à des cas spéciaux, mais par des instructions générales. En 1250 et 1251, cet archevêque s'occupa activement d'inquisition pour son propre compte et châtia des hérétiques sans l'intervention des inquisiteurs pontificaux. Un bref d'Innocent I V, en 1251, fait allusion à un projet, abandonné par la suite, de remettre toutes les affaires de cet ordre aux mains des évêques. Malgré ces indices de réaction, les intrus continuaient à gagner du terrain, au prix de luttes que nos informations fragmentaires nous permettent seulement d'entrevoir, mais dont l'intensité devait être accrue par l'hostilité entre le clergé

(1) Vaissete, m. 452. — Concil. Biterrens. année 1246. — Berger, Les Registres d'Innocent IV, nos 2043, 3867, 3868. — Arch, de l'fnq. de Carcass. (Doat,xxxi, 68, 74, 75, 77, 80, 152, 182 ) — Potthast n°s 12744, 15805.— Mss. Bib. Nat fonds latin n° 9992. — Concil. Valentin. ann. 1248 c. 10. — Baluz. Conc. Narbonn. app. p 100.

Le système adopté par les conciles du Languedoc devint général. En 1248, Innocent IV ordonna à l'archevêque et à l'inquisiteur de Narbonne d'envoyer une copie de leurs règles de procédure au provincial d'Espagne et à Raymond de Pennaforte, pour être suivies d;ms la Péninsule (Baluz. et Mansi i, 208); leurs canons sont fréquemment cités dans les manuels de l'Inquisition au Moyen-Age.

Page 1