VARIATIONS DES PAPES
séculier et les Mendiants. On croit voir une tentative pour sauver leur autorité en péril dans la proposition faite, en 1252, par les évêques de Toulouse, d'Albi, d'Agen et de Carpentras : ils offrent de donner tous pouvoirs comme inquisiteurs à des Dominicains que désigneraient les commissaires d'Alphonse de Poitiers, soits la réserve que l'on demandera leur assentiment 335 à toutes les sentences, promettant d'ailleurs d'observer dans tous les cas les règles établies par l'Inquisition.
Cette question de l'intervention des évêques dans les jugements fut l'objet de contestations prolongées. Si les instructions pontificales antérieures, qui reconnaissaient ce droit d'intervention, n'avaient pas été traitées avec dédain, Innocent IV n'aurait pas été obligé, en 1254, de renouveler la défense de prononcer des condamnations à mort ou à la prison perpétuelle sans que les évêques eussent été consultés. En 1255, il ordonna que l'évêque et l'inquisiteur interprétassent de concert tous les points obscurs des lois contre l'hérésie et imposassent de même les pénalités légères, consistant dans la privation des fonctions et des bénéfices. Cette reconnaissance de la juridiction épiscopale fut annulée par Alexandre IV qui, après quelques hésitations, rendit l'Inquisition indépendante, en l'affranchissant de l'obligation de consulter les évêques, même quand il s'agissait d'hérétiques obstinés et convaincus de leur crime (1257). Il renouvela la même décision en 1260 ; après quoi il se produisit une réaction. Urbain IV, en 1262, rédigea des instructions minutieuses au cours desquelles il affirma de nouveau la nécessité de consulter les évêques dans tous ces cas entraînant la peine de mort ou la prison perpétuelle ; Clément IV s'exprima dans le même sens en 1265. Il parait cependant que ces dispositions furent révoquées par quelque acte postérieur ou qu'elles tombèrent bientôt en désuétude, car, en 1273, Grégoire X, après avoir fait allusion à la suppression des consultations par Alexandre IV, prescrit que les inquisiteurs, en prononçant des sentences, doivent agir de concert avec le conseil des évêques ou leurs délégués, de sorte que l'autorité épiscopale ait toujours une part dans des N décisions aussi importantes.