‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 342 sur 551 · PERSÉCUTION ORGANISÉE · texte numérisé non relu

PERSÉCUTION ORGANISÉE

provinces respectives étaient encore imparfaitement délimitées. Ordre était donné à tous les chefs de l'exécutif de mettre au ban les hérétiques, assimilés aux sorciers. Quiconque découvrait un hérétique pouvait s'emparer de sa personne et de ses biens. Tout magistrat principal, dans les trois jours après avoir revêtu ses fonctions, devait désigner, sur les indications de son évêque et de deux moines de chacun des Ordres Mendiants, douze bons catholiques, assistés de deux notaires et de deux ou plusieurs familiers, dont la tâche unique consisterait à arrêter les hérétiques, à confisquer leurs biens et à les livrer à l'évêque où à ses vicaires. Leurs traitements et les frais de leurs missions devaient être pavés par l'Etat ; leur témoignage était recevable sans qu'ils fussent obligés de prêter serment : aucun témoignage ne devait prévaloir contre le témoignage concordant de trois d'entre eux. Ils restaient en charge pendant six mois ; à l'expiration de ce temps, ils pouvaient être réappointés; atout moment, ils pouvaient être destitués et remplacés, à la demande de l'évêque et des moines. Un tiers du produit des amendes et des confiscations leur revenait de droit; ils étaient exempts de tout service public incompatible avec leurs fonctions; aucune loi présente ou future ne pouvait mettre obstacle à leur action. Le chef du pouvoir séculier était obligé de les faire assister, sur requête, par son assesseur ou un chevalier; tout habitant devait, sous peine d'une lourde amende, leur prêter le concours qu'ils demanderaient. Quand les inquisiteurs visitaient une partie du territoire soumis à leur juridiction, ils devaient être accompagnés d'un délégué du souverain, choisi par eux-mêmes ou par l'évêque. En arrivant dans une ville ou dans un village, ce délégué devait convoquer trois hommes de bonne réputation, ou même tous les habitants du voisinage et les contraindre, sous serment, de dénoncer les hérétiques, ou de signaler les biens des hérétiques, ou toute personne tenant de secrets conventicules et vivant autrement 338 r4ae la généralité des fidèles. L'État était tenu d'arrêter tous les suspects, de les garder en prisen, de les remettre, sous bonne escorte, à l'évêque ou à l'inquisiteur et d'exécuter dans les

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