ASSERVISSEMENT DES ÉTATS
sitions en vigueur. Celui d'Albi, en 1254, nomma les inquisiteurs parmi ceux auxquels les hérétiques devaient être dénoncés • il menaça des censures de l'Église tous les seigneurs temporels qui négligeraient de seconder l'Inquisition, d'exécuter ses sentences de confiscation ou de mort. Le concours ainsi réclamé fut accordé de grand cœur. Chaque inquisiteur fut armé de lettres royales l'autorisant à faire appel à tous les officiers publics pour être protégé, escorté et aidé au cours de ces missions. Dans un mémoire datant de 1317 environ, Bernard Gui dit que les inquisiteurs, munis de ces lettres, disposent librement du concours des baillis, des sergents et des autres officiers, tant royaux que seigneuriaux, sans lesquels ils ne pourraient pas faire grand chose. 11 n'en était pas seulement ainsi en France, car Eymerich, écrivant en Aragon, nous apprend que le premier acte de l'inquisiteur, au reçu de sa commission, est de la présenter au roi ou au chef du pouvoir et de lui demander avec insistance l'octroi de lettres-patentes, en lui expliquant qu'il est obligé par les canons de les lui donner, s'il veut éviter les nombreuses peines édictées par les bulles Ad abolendam et Ut inquisition*. Il doit ensuite produire ces lettres aux fonctionnaires et leur faire jurer d'obéir de leur mieux aux ordres qu'il leur donnera dans l'exercice de ses fonctions. La puissance entière d^ l'État était donc mise à la disposition du Saint-Office. Bien plus, chaque individu était tenu de lui apporter son concours; tout défaut de zèle l'exposait à être excommunié comme fauteur d'hérésie, mesure qui pouvait entraîner pour lui, après un an, l'accusation d'hérésie avec ses redoutables conséquences. Les individus, non moins que les États, devenaient ainsi, de gré ou de force, les auxiliaires de l'Inauisition (1). ^
ann. 122<ï c. i 2. - Concil. Albiens. ann. 1254 c. 3, 5, 8. - Arch. de l'Ina de Carcass. (Doat. xxx. 110-11, 127; xxxi. 250). — Vaisse te ni Pr 52* Q £?' Arch. di Napoli, Registre 6, lett. b, fol, 18o! - ©^'iÇf/ïiH 560-1. — Bernardi Guidon. Practica P. iv i Doat, xxx) *••»/.
rn!!lpiaitn F^°iS a?ofn 1iffi?i,e P°Ur .Vm(\u[sitQ^ d'obtenir des lettres-patentes royales. Quand, en 1269, les tranciscains B-rtrand de Roche et Ponce des Rives turent nommes inquisiteurs à Forcalquier, ils furent obligés de se rendre d'abord