CONCOURS FINANCIER DES PRINCES
Le droit d'abroger toutes les lois qui entravaient le libre exercice de l'Inquisition fut également reconnu de l'un et l'autre côté des Alpes. Lorsque, en 1257, Alexandre IV apprit avec indignation que Mantoue avait adopté certains statuts mettant obstacle à l'absolutisme de l'Inquisition, il donna ordre immédiatement à l'évêque de Mantoue d'examiner l'affaire et d'annuler tout ce qui pourrait entraver ou retarder les opérations du Saint Office. En cas de résistance, il devait excommunier les magistrats et jeter l'interdit sur la ville. En 1275, Urbain IV rendit cette disposition, empruntée à la bulle Ad extir panda, universellement applicable et elle fut introduite dans la loi canonique comme l'expression des droits incontestés de l'Église. Ainsi l'Inquisition devenait virtuellement maîtresse de la législation de tous les pays, qu'elle pouvait modifier à sou gré. Ce ne fut pas la faute de l'Église si un monarque hardi comme 342 Philippe-le-Bel osa, à l'occasion, s'exposer à la vengeance divine en protégeant les droits de ses sujets (1).
En deçà des Alpes, il n'était pas admis, comme en Italie, que les dépenses de l'Inquisition dussent être supportées par l'État. Mais la libéralité royale y pourvoyait amplement. D'ailleurs, les dépenses qui incombaient à l'Inquisition n'étaient pas considérables. Les couvents dominicains lui fournissaient des locaux pour ses assises et les officiers publics étaient obligés, comme nous l'avons vu, de lui rendre tous les services qu'elle réclamait d'eux. Si les évêques avaient négligé de construire et d'entretenir les prisons, le zèle royal avait pris ces devoirs à sa charge. En 1317, nous apprenons que dans l'espace de huit ans le roi avait dépensé 630 livres tournois pour l'entretien de la seule prison de Toulouse et qu'il avait aussi régulièrement payé les geôliers. En outre, les inquisiteurs avaient toujours le droit d'appeler à leur aide des experts, qui ne pouvaient
à Palerme, où résidait alors Charles d'Ajou, et où il leurrerait des lettres poursm sénéchal et ses au'res officiers (4 août 1269). — Archivio di Napuli, Registro 6, lett. D, fol. ISO. Gf. Kegist. 20, lett. B, fol. 91.
(1) Mag. Bull. Roman, i. 118. — C. 9 Sexto V. i. — Zanchini, Tract de Hxret. c. ixjei. — Cf. Aymerici Dir ci. Inq. p. 561. — Bernardi Comens. Lucerna Iajv.is. s. v. Statutum.