‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 348 sur 551 · AFFAIRE DE VITERBE · texte numérisé non relu

AFFAIRE DE VITERBE

leur refuser leurs lumières. Toute la science du royaume était asservie au devoir suprême de combattre l'hérésie et mise gratuitement à la disposition de l'Inquisition. Laïques et prélats étaient également tenus de lui obéir (1).

Que les pouvoirs ainsi conférés aux inquisiteurs aient été réels et non simplement théoriques, c'est ce qui appert du cas 343 deCapellodi Chia, un puissant seigneur de la province romaine, qui attira sur lui la suspicion d'hérésie, fut condamné, proscrit, et vit ses biens confisqués (1260). Comme il refusait de se soumettre, l'inquisiteur Frà Andréa invoqua l'aide des citoyens de la ville voisine de Yiterbe ; ils lui obéirent en levant une armée à la tête de laquelle l'inquisiteur assiégea Capello dans son château deColle-Casale. Capello avait ingénieusement transféré ses biens au nom d'un noble romain nommé Pietro Giacomo Surdi et la pieuse entreprise des Yiterbiens fut arrêtée par un ordre du sénateur de Rome interdisant de faire violence à la propriété d'un bon citoyen catholique. Alors Alexandre IV intervint, ordonnant à Surdi de se désintéresser de la querelle, parce que ses titres à la possession du château étaient nuls. 11 ordonna également au sénateur de renoncer à son opposition et remercia chaleureusement les Yiterbiens pour le zèle et le courage qu'ils avaient mis au service de Frà Andréa. A la vérité, ce dernier n'avait fait qu'exercer le pouvoir que Zanghino déclare attaché aux fonctions de l'inquisiteur, à savoir de déchaîner ouvertement la guerre sur les hérétiques et sur l'hérésie (2).

Dans l'exercice de cette autorité presque sans limites, les inquisiteurs agissaient le plus souvent sans surveillance et sans responsabilité. Même un légat du pape ne devait pas se mêler de leurs affaires ni s'enquérir de Thérésie dans le ressort de leur autorité. Ils n'étaient pas passibles d'excommunication dans l'exercice de leurs fonctions et ne pouvaient même pas être

(1) Bernard. Guidon. Gravam. (Doat, xxx, 107-9). — Alex. PP. iv. Bull. C"P entes, 15 apr. 1225; ejusd. Bull. Exo>'tis in agro, 15 mar. 1256.

(2) Pegnœ Append. ud Eynie/ic. p. 37-8. — Zanchini, Tract, de Hzretic. c.

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