‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 356 sur 551 · FAIBLESSE DES ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

FAIBLESSE DES ÉVÊQUES

Si les évêques s'étaient réunis pour résister, ils auraient pu sans doute s'opposer d'une manière efficace à ces empiétements sur leur juridiction et préserver leurs ouailles des horreurs dont elles allaient être victimes. Malheureusement, les prélats ne surent pas agir de concert. Quelques-uns étaient d'honnêtes fanatiques qui saluèrent avec joie le Saint-Office et lui prêtèrent leur concours ; d'autres restèrent indifférents ; le plus grand nombre, absorbés par des préoccupations et des querelles séculières, furent plutôt satisfaits d'être déchargés de lourds devoirs dont ils n'avaient ni le loisir ni le savoir nécessaire pour s'acquitter. Aucun d'eux n'osa élever la voix contre une institution qui, de l'avis de toutes les âmes pieuses, répondait aux besoins les plus urgents de l'époque. L'inévitable jalousie de l'épiscopat se manifesta seulement par la vaine prétention, mise en avant par quelques-uns, de s'acquitter euxmêmes des fonctions dévolues aux Mendiants. Nous constatons un certain étalage de zèle dans la poursuite des hérétiques par le vieux système des témoins synodaux, au concile de Tours en 1239, à celui de Béziers en 1246, à celui d'Albi en 1254. Le concile de Lille (Venaissin) en 1251 fit un effort plus hardi pour regagner le terrain perdu, non-seulement en ordonnant aux évêques de procéder à des enquêtes dans leurs diocèses, mais en réclamant de l'Inquisition ia remise de toutes ses archives aux Ordinaires. Comme cette demande ne fut pas accueillie, le concile d'Albi, en 1254, fit un autre effort également inutile pour obtenir des copies de ces documents. Peu après 1250, un inquisiteur se plaignait que les hérétiques fussent encouragés et enhardis par les attaques constantes auxquelles étaient exposés les inquisiteurs, accusés de négligence, de paresse, d'incapacité à discerner les innocents des coupables. « Ces calomnies, continue l'inquisiteur, émanent de juges séculiers et ecclésiastiques, qui professent un grand zèle pour l'extermination de l'hérésie, mais qui, en réalité, désirent surtout se laisser corrompre à prix d'argent, ou qui inclinent secrètement vers l'hérésie, ou ont des parents ou des amis parmi les hérétiques. » Cet exemple montre à quel point les

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