‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 364 sur 551 · BONIFAGE VIII ET CLÉMENT V · texte numérisé non relu

BONIFAGE VIII ET CLÉMENT V

transformait en hérésie par la prétention d'être légale. Vers 1298, cependant, Boni l'ace VIII remit en vigueur les juridictions épiscopales ; nous voyons alors Bernard de Castanet, évêque d'Àlbi, exciter une révolte parmi ses ouailles par ses rigueurs envers les hérétiques. Bientôt après, Clément V étendit les fonctions de l'épiscopat afin de mettre obstacle aux atrocités de l'Inquisition ; les glossateurs soutinrent que l'évêque n'était nullement déchargé, par les inquisiteurs, du devoir de combattre l'hérésie dans son diocèse et que, si sa dignité le mettait à couvert des atteintes de l'inquisiteur lui-même, il pouvait être déposé par le pape au cas où il négligerait cette partie de ses attributions. Pourtant, même après les Clémentines, Bernard Gui déclare qu'il est peu convenable que l'Ordinaire épiscopal cite une personne qui est déjà en cause devant l'Inquisition. Cependant, si le pouvoir de l'évêque avait été limité par l'obligation de se concerter avec l'inquisiteur avant de rendre un arrêt, il avait été, d'autre part, accru par l'autorisation de citer des témoins et des inculpés qui s'étaient réfugiés dans d'autres diocèses. L'évêque n'en souffrait pas moins d'une • inégalité qui rendait sa situation difficile. Ses efforts pour s'assurer une part des amendes et des confiscations étaient restés vains. On lui répondait que ses subordonnés et lui jouissaient, pour l'exercice de leurs fonctions, de revenus qui devaient suffire à leur activité. Des logiciens ingénieux réussirent à écarter cette objection en ce qui concernait l'évêque, quand il agissait en personne; mais elle conservait sa force à l'endroit de ses subordonnés. Il semblait dur, à ces derniers, d'être excités au travail et d'en supporter eux-mêmes tous les frais, alors que l'Inquisition, du moins en Italie, avait le contrôle des confiscations, sans être tenue de rendre compte à l'évêque (4).

(1) Vaissete, in. 515. — Archidiac. Gloss. sup. c. 17, 20 Sexto v\ 2. — Harduin. VII. 1017-19. — C. 17, 19 Sexto v. 2. — C. 1. Clément, v. 3. — Concil. Melodun. ann. 1300, n° 4. — Bernard. Guidon. Hist. Conv. Albiens. (Bouquet, XXI. 767). — Albert. Beperf. inquis. s. v. Episcopus. — Guid. Fulcod. Quxst. I. — Ripoll I. 512; VU. 5S. — Joan. Andreae Gloss. sup. c. 13, § 8 Extra, v. vu. — Eymeric. Direct. Inquis. p. 626, 637, 650. — Cl Extrav. commun, v. 3. — Bernard Guidon. Pr<>ctica P. IV. (Doat, XXX). — Bernardi Contiens. Lucerna Inquis. s. v. Bona hxreticorum.

Dès 1237 nous voyons que l'Inquisition avait déjà étendu sa juridiction sur

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