‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 368 sur 551 · AFFAIRE D'ALBI · texte numérisé non relu

AFFAIRE D'ALBI

363 L'inquisition épiscopale se trouvait rétablie comme une partie de l'organisation reconnue de l'Église. Le concile de Paris, en 1350, traite de la poursuite des hérétiques comme d'un devoir essentiel de l'évêque; il donne des instructions à cet effet aux Ordinaires, définissant leurs droits d'arrêter les suspects et de faire appel aux officiers séculiers dans les mêmes termes que Tlnquisilion. Un bref d'Urbain V, en 1363, est relatif à un chevalier et à cinq gentilshommes suspects d'hérésie, qui étaient alors sous la garde de l'évêque de Carcassonne; il prescrit qu'ils soient jugés par l'évêque ou par l'inquisiteur, ou par les deux conjointement, le résultat devant être soumis à la cour pontificale. Quand un évêque avait le courage de résister aux empiétements d'un inquisiteur, il était en état de faire respecter ses droits. En 1423, l'inquisiteur de Carcassonne s'était rendu à Albi, où il fit prêter serment à deux notaires et à quelques subalternes qui devaient procéder en son nom; puis il fit recueillir certains témoignages concernant un cas dont il s'occupait et fit jurer aux témoins de garder le secret afin que l'accusé ne fût pas informé. L'évêque d'Albi se plaignit de tout cela comme d'un empiétement sur sa juridiction, lldéclara que les employés n'auraient dû prêter serment qu'en présence de son Ordinaire ou d'un délégué de celui-ci; le secret imposé aux témoins était, ajoutait-il, de nature à entraver ses propres enquêtes, parce qu'il le privait de témoignages pour le €as où il prendrait en mains la même affaire. Cette protestation est un exemple des froissements et des rivalités que ne pouvait manquer de provoquer l'existence de deux juridictions parallèles. Dans le cas qui nous occupe, on prit pour arbitre l'évêque de Carcassonne; l'inquisiteur reconnut ses torts et

juger des Frères franciscains; mais, lors du développement du luthéranisme, cette mesure parut dangereuse et, en 1530, Clément VU supprima toutes les exemptions dans la bulle Cum sicut (§ 2) et rendit tous les moines justiciables de l'Inquisition (Afag. Bull. Rom. i. 681). Cela fut confirmé par Pie IV dans la bulle Pastoris xtemi en 1562 (Eymeric. Direct. Inq. Append. p. 127; Pegnae Comment, p. 557). Un évêque pouvait-il procéder pour hérésie contre un inquisiteur? La question était litigieuse et ne fut probablement jamais tranchée dans la pratique. Eymerich soutient que l'évêque ne peut pas le faire, mais doit en référer au pape; mais Pegna, dans ses Commentaires, cite de bons auteurs qui pensent autrement (Eymeric. op. cit. p. 558-9).

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