‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 376 sur 551 · TOURNÉES PERSONNELLES · texte numérisé non relu

TOURNÉES PERSONNELLES

danger, à convoquer les hérétiques et les témoins dans quelque place de sûreté, le système des tournées personnelles resta néanmoins en vigueur. Nous le voyons prescrire en Italie dans les bulles Ad extir panda ; un inquisiteur allemand contemporain en parle comme d'une pratique coutumière ; dans la France du Nord, nous avons les formules employées en 1278 par le frère Simon Duval pour convoquer le peuple aux réunions ; vers 4330, Bernard Gui y fait allusion comme à l'un des privi- 371 lèges spéciaux de l'Inquisition et, vers 4375, Eymerich décrit la méthode qui présidait à ces enquêtes comme une routine depuis longtemps établie (1).

On ne pouvait rien imaginer de plus efficace que ces visites. Avec le temps, lorsque le système des espions et des familiers se perfectionna, elles tombèrent quelque peu en désuétude; mais on peut affirmer qu'elles rendirent les plus grands services à l'âge héroïque de l'Inquisition. Quelques jours avant son arrivée, l'inquisiteur donnait avis aux autorités ecclésiastiques d'avoir à convoquer le peuple à une heure donnée, en annonçant les indulgences convenues pour ceux qui viendraient. Souvent les inquisiteurs ajoutaient à cette convocation une sentence d'excommunication contre ceux qui ne viendraient pas ; mais c'était là, nous dit-on, un abus de pouvoir, et les excommunications ainsi prononcées ne furent pas reconnues valables. A la population ainsi rassemblée, l'inquisiteur adressait un sermon sur la pureté de la foi ; puis il faisait sommation à tous les habitants d'un certain rayon de se présenter sous six ou dix jours et de lui révéler tout ce qu'ils pouvaient savoir touchant les personnes coupables d'hérésie, ou soupçonnées d'hérésie, ou ayant parlé contre un article de foi, ou menant une vie diffé-

(1) Gregor, PP. IX. Bull. Me humani genris, 20 mai 1236 (Eymer. App. p. 3).

— Vaissete, m, 410-11 . — Guill. Pod. Laur. c. 43. — Concil. Biterr. ann. 1246, app. c. 1. — Aroh. de Plnq. de Carcass. (Doat xxxi, 5.) — Raynald. ann. 1243, n° 31. — Innoc. PP. IV, Bull. Quia sicut. 13 nov. 1247 (Potthast 12766. — Doat. xxxi. 112.) — Ejusd. Bull. Ad. extirp. § 31. — Anon. Passaviensis (Mag. Bib, Pat. xm. 308.) — Doctrina de modo procedendi (Martène Thés. V. 1809-11.) — Alex. PP. IV. Bull. Cupientes, A Mart. 1260 (Mag. Bull. Rom. i. 119.) — Ripoll. i. 128

— Guill. Pelisso Chron. éd. Mol nier, p. 27. — Bernardi Guidon. Practica P. iv. (Doat, xxx.) — Eymeiic. Direct. Inquis. p. 407-9. — Mss. Bib. Nat., fonds latin, n° 14930, fol. 220.

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