AUXILIAIRES DES INQUISITEURS
Les procès étaient généralement conduits par un inquisiteur unique; parfois, cependant, il y en avait deux. L'inquisiteur dirigeant avait ordinairement des auxiliaires qui instruisaient la cause et procédaient aux premiers interrogatoires. Il pouvait demander au provincial de lui fournir le nombre d'auxiliaires qu'il jugeait nécessaire, mais il n'avait pas le droit de les choisir lui-même. Parfois, lorsqu'un évêque était animé du zèle persécuteur, il acceptait en personne la fonction d'auxiliaire ; plus fréquemment, elle était exercée par le prieur dominicain du couvent local. Là où l'Etat supportait les frais de l'Inquisition, il semble avoir eu quelque contrôle sur le nombre des auxiliaires; ainsi à Naples, en 1269, Charles d'Anjou ne fournit qu'un auxiliaire par inquisiteur (4).
Ces auxiliaires représentaient l'inquisiteur pendant son absence et étaient assimilés ainsi aux commissaires qui devin- 375 rent un élément essentiel du Saint-Office. Dès le xne siècle, il fut établi qu'un délégué judiciaire du Saint-Office pouvait luimême déléguer ses pouvoirs; en 4246, le concile de Béziers autorisa l'inquisiteur à nommer un délégué toutes les fois qu'il voudrait faire procéder à une enquête dans une localité où il ne pourrait se rendre lui-même. On donnait parfois des commissions spéciales, comme lorsque Pons de Pornac, inquisiteur de Toulouse, autorisa en 4276 le prieur dominicain de Montauban à enquérir contre Bernard de Solhac et à lui transmettre sous scellés les interrogatoires.
L'étendue des provinces de l'Inquisition était telle que le travail devait être divisé, en particulier pendant la première période, alors que les hérétiques étaient très nombreux et nécessitaient toute une armée d'enquêteurs. Toutefois, le droit formel de désigner des commissaires avec pleins pouvoirs ne semble pas avoir été accordé aux inquisiteurs avant Urbain IV (4262), et ce privilège dut être confirmé vers la fin du siècle par
(1) Concil. Biterrens. ann. 1246 c. 4, — Molinier, p. 129, 131, 281-2. — Hauréau, Bernard Délicieux, p. 2". — Wadding. Annal. 1261, n° 2. — Urbani PP, IV. Bull. i\e cath'diw fidn,2(j oct. 1262. — Bernardi Guidonis Practica, P. IV (Doat, xxx.) — Eymorici Direct, hiq. p. 557, 577. — Arcbivio di Napoli, Mss. Chioccarello T. vin; lbid. Registro 6, Lett. D, f. 35.