‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 381 sur 551 · COMMISSAIRES OU VICAIRES · texte numérisé non relu

COMMISSAIRES OU VICAIRES

Boniface VIII. Ces commissaires ou vicaires différaient des auxiliaires en ce qu'ils étaient nommés et révoqués par l'inquisiteur lui-même. Ils devinrent, comme nous l'avons dit, un élément essentiel de l'institution et conduisirent les affaires dans des localités très éloignées du tribunal principal. Si l'inquisiteur était absent ou empêché, l'un d'eux pouvait le remplacer temporairement ; l'inquisiteur pouvait aussi désigner un vicaire-général. Après les réformes de Clément en 1347, il fut entendu que les commissaires devaient être âgés de quarante ans au moins comme leurs chefs. Us disposaient de tous les pouvoirs inquisitoriaux, pouvaient citer, arrêter et interroger des témoins et des suspects; ils pouvaient même infliger la torture et condamner à la prison. On discutait s'ils avaient le droit de porter des sentences capitales et Eymerich exprime l'avis que ce pouvoir devait toujours être réservé à l'inquisiteur lui-même; mais, comme nous le verrons, les cas de Jeanne d'Arc et des Vaudois d'Arras prouvent que cette réserve était rarement observée. Ajoutons qu'à la différence des inquisiteurs, les commissaires ne pouvaient pas nommer de délégués (1).

Plus tard on voit paraître, de temps en temps, un autre 376 fonctionnaire portant le titre de conseiller. En 4370, l'Inquisition de Carcassonne prétendit au droit d'en désigner trois, qui fussent exempts de toute taxation locale. Dans un document de 1423, la personne qui occupe cette situation n'est pas un Dominicain, mais est qualifiée de licencié en droit. Sans doute un pareil fonctionnaire rendait des services importants au tribunal, bien que sa situation officielle ne fût pas définie. Zanghino nous informe, en effet, que les inquisiteurs étaient générale-

(i) C. 11, 19, 20 Extra i. 29. Concil. Biterrens. ann. 1246 c. 3. — Coll. Doat, XXV. 230. — UrbaniPP. IV. Bull. Licet ex omnibus, 20 Mart. 1262. — Guid. Kulcod. Quaest. iv. — C. H Sexto v. 2. — C. 2 G/ément. V, 3.— Bernardi Guid. Practica P. IV. (Doat, XXX.) — Eymerici Direct, p. 403-6. — Zarichini Tract, de âxret. c. xxx.

Il n'est pas aisé de comprendre pourquoi, en 1276, les inquisiteurs lombards Frà Niccolo da Cremona et Frà Daniele Giussan» réunirent des experts à Plaisance pour décider s'ils avaient ou non le droit de nommer des délégués ; la question fut tranchée par la négative (Campi, DeU'Eistoria Ecclvsiastica di Piacenza, P. II. i>. 308-9.)

Page 1