‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 382 sur 551 · SECRET DE LA PROCÉDURE · texte numérisé non relu

SECRET DE LA PROCÉDURE

ment 1res ignorants de la loi. Dans la plupart des cas, cela importait peu, car la procédure était arbitraire au plus haut degré et il était bien rare qu'un accusé osât s'en plaindre. Il arrivait cependant que l'Inquisition avait devant elle des victimes récalcitrantes ; il lui fallait alors les conseils d'une personne connaissant la loi et les responsabilités qu'elle entraînait. Eymerich recommande à chaque commissaire de s'assurer le concours de quelque avocat discret, pour s'épargner des erreurs qui pourraient nuire à l'Inquisition, provoquer l'ingérence du pape et peut-être lui coûter sa place (1).

Gomme le secret absolu devint le caractère essentiel de toutes les procédures de l'Inquisition après sa période de tâtonnements, ce fut une règle universelle que les témoignages, tant des témoins que des accusés, ne devaient être recueillis qu'en présence de deux hommes impartiaux, non attachés à l'institution, mais ayant juré le secret. L'Inquisition pouvait rendre obligatoire la présence de toute personne qu'il lui plaisait de convoquer pour accomplir ce devoir. Ces représentants du public étaient, de préférence, des clercs, généralement des Dominicains, « hommes discrets et religieux », qui devaient signer avec le notaire le procès-verbal de la déposition pour en certifier l'exactitude. Bien qu'il n'en soit pas question dans les instructions du concile de Béziers en 1246, une déposition recueillie en 1244 montre que cet usage avait déjà passé dans la pratique. La fréquente répétition de cette règle par des papes successifs et le fait qu'elle fut incorporée dans le droit canonique attestent l'importance qu'on y attachait, comme à un £77 moyen d'empêcher les injustices et de donner à la procédure une apparence d'impartialité. En cela, cependant, comme en toutes choses, les inquisiteurs se faisaient la loi à eux-mêmes et dédaignaient à plaisir les légères restrictions que les papes avaient apportées à leur pouvoir.

En 1325, un prêtre nommé Pierre de Tornamire, accusé de Franciscanisme Spirituel, fut amené mourant devant l'Inquisi-

(i) Archives de l'Evêché d'All>i(Doat XXXV. 136, 187.) Zanchini, Tract de Hxret. c. iv. — hlymerici Direct, p. 407.

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