‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 385 sur 551 · FAMILIERS DE L'INQUISITION · texte numérisé non relu

FAMILIERS DE L'INQUISITION

tirent ses registres et ses livres. L'ordre donné en 1254 par le concile d'Albi de prendre des copies et de les déposer en lieu sûr fut sans doute motivé par un autre effort fait en 1248 par les hérétiques de Narbonne pour détruire les archives. Lors d'une réunion d'évêques dans la même ville, deux personnes qui por- 381 taient des pièces où figuraient des listes d'hérétiques furent attaquées et tuées ; les documents dont elles étaient chargés furent livrés aux flammes. Vers 1285, à Carcassonne, une conspiration fut ourdie par les consuls de la ville et plusieurs des principaux ecclésiastiques à l'effet de détruire les archives de llnquisition. Ils corrompirent un des familiers, Bernard Garric qui consentit à les brûler, mais le complot fut découvert et ses auteurs furent punis. L'un d'eux, un avocat nommé Guilhem Garric, languit en prison pendant environ trente ans et ne fut jugé qu'en 1321 (1).

Parmi les fonctionnaires de l'Inquisition, les plus modestes n'étaient pas les moins redoutables. C'étaient des appariteurs, des messagers, des espions, des bravi, connus sous le nom général de familiers et, comme tels, suspects au peuple qui les craignait à juste titre. Leur service n'était pas sans danger et n'avait guère d'attraits pour des gens honnêtes et pacifiques; en revanche, il promettait mille avantages aux enfants perdus et aux malandrins. Non seulement ils bénéficiaient de l'immunité de toute juridiction séculière, privilège commun aux serviteurs de l'Église, mais l'autorisation spéciale accordée par Innocent IV, en 1245, aux inquisiteurs d'absoudre leurs familiers coupables d'actes de violence, les rendait indépendants des tribunaux ecclésiastiques eux-mêmes. En outre, comme toute molestation des serviteurs de l'Inquisition était qualifiée d'obstacle à la marche de ses opérations et, par suite, presque assimilée à l'hérésie, quiconque osait résister à une aggression de ces gens devenait passible d'une poursuite devant le tribunal

(1) Arch. de l'Inq de Carcass. (Doat. XXXIV 123.) — Ripoll. i, 356, 396— Vaissste, m, 406; Pr. 467. — Coll. Doat, XXVI 105, 149.— Molinier, p. 35 — Berr. Guidon. Hist. Conv. Carcass, (D. Bouquet, XXI, 743.) — Lib. Sent Inquis Toi. s p. 282.

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