‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 386 sur 551 · AUTORISATION DU PORT D'ARMES · texte numérisé non relu

AUTORISATION DU PORT D'ARMES

de l'agresseur. Ainsi cuirassés, ils pouvaient exercer leur tyrannie sur des populations sans défense et Ton conçoit sans peine à quelles extorsions ils se livraient impunément en menaçant les uns et les autres d'arrestation ou de dénonciation, à une époque où le fait de tomber entre les mains de l'Inquisition était presque la plus grave infortune qui pût affliger un homme- 2g2 orthodoxe ou hérétique, peu importait (1). Ce fléau social fui encore aggravé le jour où les familiers furent autorisés à porter des armes. Les meurtres d'Avignonet, en 1242, celui de Pierre Martyr et d'autres incidents semblables parurent justifier le désir des inquisiteurs de posséder une garde armée. D'ailleurs, la recherche et la capture des hérétiques étaient des besognes souvent périlleuses. Ce n'en était pas moins un privilège bien exorbitant pour des hommes qui échappaient virtuellement à toute répression légale. A cette époque turbulente, le port des armes était rigoureusement interdit dans toutes les communautés pacifiques. Dès le xie siècle, il est défendu à Pistoie; en 1228, on l'interdit à Vérone. A Bologne, seuls les chevaliers et les médecins pouvaient être armés et accompagnés d'un serviteur unique, armé également. A Milan, un statut de Jean Galéas, en 1386, défend de porter des armes,, mais autorise les évêques à armer les serviteurs qui demeurent sous le même toit qu'eux. A Paris, une ordonnance de 1288 prohibe le port des couteaux pointus, des épées et de toute arme analogue. A Beaucaire, un édit de 1320 menace de diverses peines, entre autres de l'amputation de la main, ceux qui porteraient des armes; exception est faite pour les voyageurs, qui peuvent posséder des épées et des coutelas. Ces règlements ont rendu un service immense à la cause de la civilisation, mais ils furent presque annulés lorsque l'inquisiteur eut le droit d'armer qui il voulait, en lui conférant par surcroit les privilèges et les immunités du Saint-Office (2).

fl)Paramo de Oria. off\c S. Tnqw's. p. 10?. — Pegnae Comment in Eymericr p. 584. — Arch. de l'Inq. deCarcass. (Doat, XXXI. 70; XXXII, i43.)

(2) Statut* Pistoriensia, c. 109 (Zachariae tnecd. Med. JEvi p 23.) — Lib. juriscivilis Veronae, anu. 1228, c. 104, 183 (Vérone, 1728.) Statut, criminal. commu Dis Bononiae, éd. 1525, fol. 38 (ci'. Barbarano de Mironi, Hist. ecclés. di Vicenza,

Page 1