‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 387 sur 551 · ABUS DES FAMILIERS · texte numérisé non relu

ABUS DES FAMILIERS

Dès 1249, les scandales et les abus résultant de l'emploi illimité par l'Inquisition de familiers etde scribes qui opprimaient et rançonnaient le peuple, provoqua une lettre indignée d'Innocent IV, qui exigea que leur nombre fut réduit pour correspondre aux exigences du service. Dans les pays où l'Inquisition était entretenue par l'État, les abus de ce genre ne trouvaient pas un terrain propice. Ainsi, à Naples, Charles d'An- 38$ jou limita à trois le nombre des familiers armés de chaque inquisiteur. Quand Bernard Gui protesta contre les réformes de Clément V, il fit ressortir le contraste entre la France, où les inquisiteurs dépendaient des officiers séculiers et étaient obligés de se contenter de quelques serviteurs, et l'Italie, où ils avaient des facilités presque sans limites. Dans ce pays, en effet, l'Inquisition était indépendante et vivait de ses propres ressources, parce qu'elle avait sa part des amendes et des confiscations. Clément V prohiba la multiplication inutile des fonctionnaires et l'abus du droit de porter des armes, mais ses efforts bien intentionnés furent de peu d'effet. En 1321, nous voyons Jean XXII blâmer les inquisiteurs de Lombardie pour avoir provoqué des scandales et des troubles à Bologne, en employant comme familiers armés des hommes de sac et de corde qui commettaient des meurtres et molestaient les habitants. En 1337, le nonce du pape, Bertrand, archevêque d'Embrun, s'assura par lui-même, que les permissions de porter des armes, accordées par l'inquisiteur, étaient une cause de troubles à Florence et menaçaient la sécurité des citoyens; il lui ordonna de ne garder auprès de lui que douze familiers armés, lui assurant que les autorités séculières fourniraient, en cas de besoin, les auxiliaires qu'il faudrait pour capturer les hérétiques. Et pourtant, neuf ans après, on accusa un nouvel inquisiteur, Fra Piero di Aquila, d'avoir vendu des permissions de porter des armes à plus de deux cent cinquante individus, ce qui lui avait rapporté environ mille florins d'or par an et causé

n, 69.) — Antiqua Ducum Mediohin. Décréta (éd. 1654, p. 95.) — Statuta Criminalia Mediolani, Bergomi, 1504, ca^. 127. — Actes du Pari, de Paris, i, 257. — Vaissete, éd. Privât, x. Pr. 610.

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