‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 388 sur 551 · QUERELLE AVEC FLORENCE · texte numérisé non relu

QUERELLE AVEC FLORENCE

un préjudice grave à la paix publique. Une nouvelle loi fut alors promulguée, limitant à six le nombre des familiers armés de l'inquisiteur; l'évêque de Florence devait en avoir douze, celui de Fiésole six, mais tuus devaient porter, bien en évidence, les insignes de leurs maîtres. Cependant la vente des ports d'armes donnait de si grands bénéfices que le code florentin de 1355 eut recours à d'autres prescriptions pour combattre cet abus. Toute personne surprise avec des armes et prétendant avoir acquis le droit de les porter, devait être chassée du territoire de la République et s'engager, en fournissant caution, à résider pendant un an à plus de 50 milles de la ville. Le podestat lui-même ne pouvait accorder des autorisations de porter des armes, sous peine d'être considéré comme parjure et frappé d'une amende de 500 livres. Cette législation constituait un empiétement sur les privilèges de l'Église, et donna prétexte à l'une des plaintes de Grégoire IX lorsque, en 1376, il excommunia la République. Quand Florence dut se soumettre, en 1378, une des conditions qu'on lui imposa fut qu'un commissaire pontifical aurait le droit d'effacer toutes les lois jugées abusives dans le livre des statuts. Cependant les excès de la milice inquisitoriale étaient tels qu'on dut recourir, en 1386, à un autre moyen pour y mettre un terme. Défense fut faite aux deux évêques et à l'inquisiteur d'avoir des familiers armés qui fussent soumis à l'impôt ou inscrits sur le registre des citoyens; ceux à qui ils délivraient des autorisations devaient être déclarés leurs familiers par les Prieurs des Arts, et cette déclaration devait être renouvelée annuellement par la collation d'une charte. Ce règlement, qui limitait le mal, fut maintenu dans la récension du code en

Sans doute des luttes analogues, dont l'histoire n'a pas conservé de traces, se poursuivirent vers la même époque, dans la plupart des villes italiennes, désireuses de protéger les citoyens paisibles contre les sicaires de l'Inquisition. Cette nécessité se fit sentir même à Venise, où pourtant l'Inquisition était tenue en tutelle par l'État, qui avait la sagesse de sauvegarder ses droits

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