‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 389 sur 551 · CONTRÔLE DES STATUTS LOCAUX · texte numérisé non relu

CONTRÔLE DES STATUTS LOCAUX

en supportant les frais de cette institution. Au mois d'août 4450, le Grand Conseil, par quatorze voix contre deux, dénonça le procédé abusif d'un inquisiteur qui avait vendu à douze personnes le droit de porter des armes; une pareille troupe, disaient les conseillers, était tout à fait superflue, car l'inquisiteur pouvait toujours réclamer le concours du pouvoir séculier; en conséquence, et conformément à l'ancien usage, il devait se contenter de quatre familiers en armes. Mais six mois après, en février 4451, sur la demande du ministre général des Franciscains, cette législation fut modifiée; l'inquisiteur put avoir jusqu'à douze familiers, à la condition qu'il fût établi par les rapports de police qu'ils étaient réellement en fonctions pour les besoins de l'Inquisition. Eymerich déclare pourtant que toutes les restrictions de ce genre sont illégales et que tout magistrat séculier qui empêche les familiers de l'Inquisition de porter des armes « entrave son activité » et doit être regardé comme fauteur de l'hérésie. Bernard Gui estime, de son côté, que c'est à l'inquisiteur seul qu'il appartient de fixer le nombre des familiers dont il a besoin et Zanghino considère que la limitation de leur nombre est un délit que l'inquisiteur doit pouvoir réprimer à son gré (4).

J'ai fait allusion, dans le précédent chapitre, au droit si sou- 385 vent réclamé et exercé d'abroger tous les statuts locaux qui paraissaient gênants pour le Saint-Office, ainsi qu'à l'obligation imposée à tous les fonctionnaires séculiers de prêter leur concours sur réquisition aux inquisiteurs. Ce droit fut reconnu et mis en vigueur de telle sorte que l'organisation de l'Inquisition en vint à embrasser celle de l'Etat lui-même, dont toutes les

(1 Arch. de l'Inq. deCarcass. (Doat, XXXI. 81 ) — Archivio diNapoli, Mss. Chioccarello T. vin; Kegistro 13, Lettre A, fol. 64; Reg. 6, Lettre D, fol. 35. — Coll. Doat, XXX, 119-20. — C. 2 Clément, v. 3. —Johann. PP. XXII. Bull. Exegit or'finis,2Ma.\. 1321. — Archiv. di Firenze, Riformagioni, Archiv. Dinlom. xxvn, lxxviii-ix ; Riform. Classe n, Distinz. 1, n° 14. — Villani, Cronica, lib. xn. c. 58.

— Archivio di Venezia, Misti. Cons. x. vol. XIII. p. 192; vol. XIV. p. 29. — Eymeric. Direct, lnq. p. 374 5. — Bernard. Guidon. Practica P. IV. (Doat, XXX.)

— Zanchini Tract, de Hxret. c. xxxi. — Urbani PP. IV. Bull. Licet ex omnibus, 1262 (Mag. Bull. Rom. i. 123.) — Bernardi Comens. Lucerna Inquisit. s. v. Inquisitores, n° 14.

Pour d'autres indications à ce sujet, voir Farinacii de Basreêi QaœstA 82, nos 89-94.

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