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CONCOURS DES ÉVÊQUES

de lui-même. Nous avons vu comment, après diverses fluctuations, on reconnut que le concours des évêques était indispensable. Comme les inquisiteurs n'avaient cure de cette limitation ae leurs pouvoirs, Clément V déclara nulles et non avenues les sentences rendues par eux seuls; toutefois, pour éviter des retards, il permit que le consentement des évêques fût donné par écrit si, après huit jours, on n'avait pu arranger une réunion. A en juger par quelques spécimens de ces consultations écrites qui nous sont parvenus, elles étaient extrêmement sommaires et ne pouvaient faire sérieusement obstacle à l'arbitraire des inquisiteurs. Cependant Bernard Gui se plaint amèrement de cette restriction illusoire, parce que la règle touchant le concours des évêques n'avait guère été observée antérieurement ; il ajoute, pour justifier ses critiques, qu'un évêque retarda pendant deux ans et davantage le jugement de quelques personnes de son diocèse et qu'un autre fit différer de six mois la célébration d'un auto de fé. Lui-même observa scrupuleuse- 388 ment les règles, tant avant qu'après la publication des Clémentines, et dans les procès-verbaux des autos auxquels il présida a Toulouse, la participation des évêques des accusés, ou de délégués épiscopaux, est toujours soigneusement mentionnée Toutefois, nous voyons le même Bernard Gui accepter les délégations de trois évêques, ceux de Cahors, de Saint-Papoul et de Montauban, l'autorisant à les remplacer à l'auto du 30 septembre 1319. Cette pratique devint fréquente et les inquisiteurs rendirent continuellement des jugements en vertu des pouvoirs qui leur étaient conférés par les évêques, comme dans la persécution des Vaudois du Piémont en 1387, dans celle des sorcières de Canavese en -1474. Il arrivait aussi que l'inquisiteur fit violence aux évêques. Ainsi, vers 1318, au début de la persécution des Franciscains Spirituels, les évêques de la province de Narbonne furent obligés de consentir à laisser brûler quelques malheureux, l'inquisiteur les ayant menacés de les dénoncer au pape, dont le zèle pour la persécution était connu (1).

X\XI % *' V' C1ren!P.nt V- 3' -Eymerie. Direct. Inq. p. 580. - Coll Doat X\X[. 57 - Bern. Gu,i0n. Practiea P. IV (Doat, XXX.)- Coll. Doat, XXX 104.

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