‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 398 sur 551 · POURSUITE DES FUGITIFS · texte numérisé non relu

POURSUITE DES FUGITIFS

de querellesau sein de l'Inquisition. Quand il s'en produisait on rayail ait a es étouffer; à distance, l'impression dominante est celle d un zèle rehg.eux luttant avec ardeur contre l'hérésie sans donner aux fldèlesle scandale de dissensions intestines (I)' Que ques exemples feront comprendre l'implacable énergie avec laquelle les ressources de l'Inquisition étaient mises en œuvre. Sous les Hohenstaufen, les deux Siciles avaient servi de lieu de refuge à beaucoup d'hérétiques, fuyant devant es rigueurs de l'Inquisition du Languedoc. Frédéric II, impitoyable quand il y trouvait son avantage, n'était pas animé comme le Saint-Office, par lafureur de la persécution continue Apres sa mort, la guerre ouverte entre Manfred et la papauté laissa sans doute quelque répit aux hérétiques; mais lorsque Charles d Anjou conquit le royaume, en qualité de vassal de Rome, les inquisiteurs français s'y précipitèrent à sa suite. Sept mois seulement après l'exécution de Conradin, le 31 mai 1*69 Charles publia deslettres patentes, adressées à tous les nobles et magistrats, où il déclarait que les inquisiteurs de France allaient venir en personne ou envoyer des délégués pour saisir les heret.ques fugitifs, et ordonnait à ses sujets de leur prêter mam-forte chaque fois qu'ils en seraient requis. La juridiction de 1 inquisiteur était, en fait, personnelle aussi bien que locale et l'accompagnait partout où il allait. Quand, en 1359, quelques Juifs convertis et renégats s'enfuirent de Provence en Espagne Innocent VI autorisa l'inquisiteur provençal, Bernard du Puy' a les poursuivre, aies arrêter, à les juger, à les condamner, a es châtier partout où il les trouverait, en invoquant, à cet eiTet le concours de toutes les autorités séculières; il écrivit en même temps aux rois d'Aragon et de Castille, qu'ils eussent à prêter toute assistance à Bernard (2).

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KtilJ. Licet ex ommb s, S 11. 1969 Pi„cH r„h d,« ,- « , lv*

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^UrchmodiNapoli, Regisf-o 3, LeU. A, fol. 64. Wadding. ann. 1359,

ACHARNEMENT DE L'iNQUISITION 447

Arnaud Ysarn, à l'âge de quinze ans, avait été condamné à Toulouse en 1309, après un emprisonnement de deux ans, à porter des croix et à accomplir certains pèlerinages; son seul crime était d'avoir une fois « adoré » un hérétique, sur l'ordre de son père. Il porta les insignes de son déshonneur pendant plus d'un an ; puis, comme ils l'empêchaient de gagner sa vie, il les rejeta et obtint un emploi de batelier sur la Garonne, entre Moissac et Bordeaux. Dans son obscurité, il pouvait se croire sain et sauf ; mais la police de l'Inquisition veillait. Cité à comparaître en 1312, il n'osa pas venir, malgré les instances de son père, qui lui faisait entrevoir la possibilité d'une grâce. En 1315, on l'excommunia comme contumace; l'année suivante, il fut déclaré hérétique et condamné comme tel dans Y auto de fè de 1319. En juin 1321, sur l'ordre de Bernard Gui, il fut faitprisonnier à Moissac, s'échappa sur la route, fut pris de nouveau et conduit à Toulouse. Bien qu'il n'eût commis, dans l'intervalle, aucun acte d'hérésie, son refus d'obéir à l'Inquisition fut jugé digne de la peine de mort et on crut user de clémence en le condamnant, en 1322, à l'emprisonnement perpétuel au pain et à l'eau. Ainsi, non seulement l'Inquisition jetait ses filets partout, mais aucune proie ne paraissait trop humble pour satisfaire son avidité (1).

En 1255, un Dominicain d'Alexandrie, Frà Niccolô da Vercelli, confessa quelques croyances hérétiques à son sous-prieur, 397 qui se hâta de le chasser. Il entra dans un couvent cistercien du voisinage ; mais bientôt, craignant d'être poursuivi par l'Inquisition, il gagna secrètement un autre couvent au-delà des Alpes. Immédiatement, Alexandre IV adressa des lettres à tous les abbés cisterciens, à tous les archevêques et évoques, leur enjoignant de saisir le malheureux et de l'envoyer à l'inquisiteur lombard, Rainerio Saccone (2). \

La seule chose qui manquât à l'Inquisition était un chef unique, imposant une obéissance absolue à tous ses agents et dirigeant à lui seul toute la machine. Le pape, accablé de mille

(1) Lib. Sentent. Inq. Tolos. p. 350-1.

(2) Ripoll. I 285.

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