‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 399 sur 551 · LE CARDINAL 0RS1NI · texte numérisé non relu

LE CARDINAL 0RS1NI

occupations, ne se prêtait guère à ce rôle ; il lui fallait, à côté de lui, un ministre, remplissant les fonctions d'inquisiteurgénéral. Ce besoin se fît sentir de bonne heure et, dès 1262, Urbain s'efforça d'y satisfaire en ordonnant à tous les inquisiteurs d'adresser leurs rapports à Caietano Orsini, cardinal de S. Niccolô in carcere Tulliano, lui signalant tous les obstacles mis à l'exercice de leurs fonctions et se conformant aux instructions qu'il leur donnerait. Le cardinal* Orsini parle de luimême comme d'un inquisiteur-général et il travailla à soumettre plusieurs tribunaux à son autorité immédiate. Le 49 mai 1273, il ordonna aux inquisiteurs italiens de fournir aux inquisiteurs de France des facilités pour la transcription de tous les témoignages existant dans leurs archives, ainsi que de ceux qui s'y accumuleraient à l'avenir. Le perpétuel va-et-vient des Cathares et des Vaudois de France en Italie donnait beaucoup de prix à ces informations et les inquisiteurs français lui avaient déjà demanda les siennes; mais l'extrême prolixité des documents de l'Inquisition rendait cette tâche effroyablement longue et coûteuse, et les termes mêmes de la lettre du cardinal prouvent qu'il ne s'attendait pas à ce que ses instructions fussent suivies. Nous ignorons si l'on fît des tentatives ultérieures pour mettre à exécution ce projet gigantesque, qui aurait grandement accru la puissance de l'Inquisition; mais le fait d'en avoir eu l'idée 398 atteste qu'Orsini prenait très au sérieux les devoirs de sa charge et se préoccupait d'une centralisation effective. Une autre lettre de lui, datée du 24 mai 1273, aux inquisiteurs de France, montre que pendant un certain temps les instructions aux fonctionnaires du Saint-Office émanèrent de lui (1).

Nous ne possédons pas d'autres témoignages de son activité; mais son élévation à la papauté en 1277, sous le nom de Nicolas III, indique peut-être qu'il avait acquis, grâce à ses fonctions, une redoutable puissance. Lorsqu'il nomma son neveu, le cardinal Latino Malebranca, à la place devenue

(1) Ripoll. i. 434 — Pegnaî Comment, in Eymeric. p. 406-7. — Wadding. Annal. lieyest. Nich. PP. I il n° 10. — Arch. de ï'Inq. de Carcass. (Doat, XXXII, 10i .) — Raynald. ann. 1278, Q° 78. — Mss. Bib. ISTat., fonds latin, n° 14030, fol. 218.

l'inquisiteur-général 449

vacante par son élévation, le nouveau pape semble avoir voulu conserver cette puissance dans sa famille, afin d'assurer sa propre sécurité. Malebranca était le doyen du Sacré-Collège. Son influence se fit sentir, en 4294, quand il mit fin à un long conclave en obtenant l'élection de l'ermite Pietro Morrone, pape sous le nom de Célestin V. Il ne survécut pas au court pontificat de ce dernier et le fier Boniface VIII crut inutile et impolitique de maintenir une fonction aussi dangereuse. Elle resta vacante sous les papes d'Avignon, jusqu'à ce que Clément VI la renouvela en faveur de Guillaume, cardinal de S. Stefano in monte Celio, qui manifesta son zèle en faisant brûler plusieurs hérétiques. Après sa mort, il n'y eut plus d'autre titulaire. En somme, l'Inquisitoriat-général n'avait guère exercé d'influence sur le développement de l'Inquisition (1).

;1) Paramo de orig. offlc. S. Inquis. p. 124-5. — Wadding. Annal, ann. 1294T n» 1. — Milman, Latin Christianity, iv, 487.

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