CHAPITRE IX
LA PROCÉDURE INQUISITORIALK
399 La procédure des cours épiscopales, dont il a été question dans un des chapitres précédents, était fondée sur les principes du droit romain ; quels qu'aient pu en être les abus dans la pratique, elle était en théorie équitable et soumise à des règles rigoureusement définies. Avec l'Inquisition, ces garanties disparurent. Pour bien comprendre sa méthode juridique, il faut nous faire une idée de la manière dont l'inquisiteur concevait ses relations à l'égard des accusés que l'on amenait à son tribunal. En tant que juge, il défendait la foi et vengeait les injures faites à Dieu par l'hérésie. Mais il était plus encore qu'un juge : il était un confesseur luttant pour le salut des âmes que l'erreur entraînait à la perdition. En cette double qualité, il était revêtu d'une autorité bien supérieure à celle des juges séculiers. Pourvu que sa sainte mission fût remplie, les moyens importaient peu. Si le coupable espérait quelque pitié pour son crime impardonnable, il devait témoigner d'abord une soumission sans réserve au père spirituel qui travaillait à le sauver de l'enfer. La première chose qu'on exigeât de lui, quand il se présentait au tribunal, était le serment d'obéir à l'Eglise, de répondre véridiquement à toutes les questions qui lui seraient posées, de dénoncer tous les hérétiques connus de lui et de se soumettre à toute pénitence qu'on lui imposerait ; s'il refusait de prêter ce serment, il se proclamait lui-même un hérétique convaincu et impénitent (1).
(M Arch. de l'Inquis. de Carcassonne (Doat, XXXI. 5. 103.) — Zanchini Tract, de Hseret c. ix.
Dans l'Inquisition cisalpine, le serment préliminaire semble seulement engager