‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 403 sur 551 · AGE DE RAISON · texte numérisé non relu

AGE DE RAISON

Qu.conque avait atteint l'âge où l'Église le tenait pour responsable de ses actes ne pouvait échapper à l'obligation de repondre aux inquisiteurs. Les conciles de Toulouse, de Béziers et d'Albi admirent que cet âge était de quatorze ans pour les hommes et de douze ans pour les femmes, lorsqu'ils prescritM ;,rent(Iuele arment d'abjuration fût déféré à la population 403 tout entière. D'autres se contentaient de dire que les enfants devaient être assez avancés pour comprendre l'importance d'un serment; d'autres encore ramenaient l'âge de la responsabilité a sept ans; enfin, quelques-uns le fixaient à neuf ans et demi pour les fill s et à dix ans et demi pour les garçons. Il est vrai que dans les pays latins, où la minorité légale durait jusqu'à I âge de vingt-cinq ans, aucun individu au-dessous de cet âge ne pouvait comparaître en justice; mais on tournait aisément cet obstacle en désignant un curateur, sous le couvert duquel il pouvait être torturé et condamné; et lorsqu'on nous dit que personne ne pouvait être torturé au-dessous de l'âge de quatorze ans, on nous laisse deviner l'âge minimum de responsabilité pour le crime d'hérésie (1).

L'absence était réputée contumace et ne faisait qu'accroître la culpabilité présumée par une nouvelle et impardonnable offense ; en outre, dans la pratique, on estimait qu'elle équivalait a un aveu. Avant même qu'il ne fût question de l'Inquisition, la procédure inquisitoriale s'établit dans la jurisprudence ecclésiastique en vue précisément de pareils cas, comme lorsque Innocent III dégrada l'évêque de Coire sur des témoignages recueillis ex parte par ses commissaires, l'évêque ayant refusé à plusieurs reprises de comparaître devant eux. L'importance de cette décision est attestée par le fait que Raymond de Pennaforte l'incorpora dans le droit canonique, pour prouver que dans les cas de contumace le témoignage recueilli dans une inquisitio était valable pour une condamnation sans litis con-

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