‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 410 sur 551 · EXTORSION DES AVEUX · texte numérisé non relu

EXTORSION DES AVEUX

410 Le vif désir de l'inquisiteur d'obtenir des aveux était bien fondé, non seulement à cause des motifs indiqués plus haut, mais pour le rep'os de sa propre conscience. Quand il s'agissait d'un crime ordinaire, un juge pouvait généralement être certain qu'il avait bien été commis, avant de poursuivre un homme pour meurtre ou pour vol. Dans bien des cas, dans la plupart même, l'inquisiteur ne pouvait même pas être assuré qu'il y eût crime. Un homme était suspect pour avoir frayé avec d'autres qui, plus tard, s'étaient révélés hérétiques; il leur avait fait l'aumône ou les avait aidés en quelque manière; il avait même assisté à une réunion d'hérétiques ; tout cela n'empêchait qu'il pût être sincèrement orthodoxe, de même qu'il pouvait être un hérétique endurci sans en avoir rien laissé paraître. Sa profession d'orthodoxie personnelle ne comptait pour rien, car l'expérience avait montré que la plupart des hérétiques étaient prêts à souscrire à tout et que la persécution leur avait appris à dissimuler leurs croyances sous le masque d'une rigoureuse orthodoxie. Ainsi la question des aveux prit une importance capitale et aucun effort ne fut jugé trop grand, aucun moyen trop infâme pour en obtenir. L'extorsion des aveux devint, pour ainsi dire, le centre de la procédure inquisitoriale et nous devons nous y arrêter quelques instants, non seulement en raison de ce que nous venons d'indiquer, mais de l'énorme et déplorable influence que ces pratiques exercèrent pendant cinq siècles sur tout le système judiciaire de l'Europe centrale. (1)

Le moyeu le plus simple d'obtenir des aveux était naturellement l'interrogatoire de l'accusé. L'inquisiteur s'y préparait en réunissant et en étudiant tous les témoignages contradictoires, le prisonnier restant dans l'ignorance la plus complète des charges relevées contre lui. L'habileté à interroger était, pour l'inquisiteur, une qualité essentielle, et certains Frères expérimentés avaient rédigé des manuels à l'usage des débutants

— Anon. Passaviens. (Mag. Bib. Pat. xin. 308.)— Const. xvi. Cod. i.t. — Molinier, L'Inquisition dans lemi'ii,j>. 210. — Lib. bentent. Inq. Tolo«=an. p J47. — Epist. Pétri Card. Albain Uoat, XXXI, o - Bern. Guid<n G'ratNiwmJ'.- (Doat.XXX.I I4\

il) [Cin'/ siècles est trop peu d rc, témoin ce qui s'est passé à Paris en dec. i894.

— Trad.]

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