‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 414 sur 551 · CONSEILS INFAMES DES INQUISITEURS · texte numérisé non relu

CONSEILS INFAMES DES INQUISITEURS

dressés non-seulement à démasquer les subtilités de l'esprit de discussion, mais à chercher et à trouver le point le plus sensible par où attaquer la sensibilité et la conscience ; infligeant sans pitié les plus horribles souffrances au corps et au cerveau, tantôt dans la pourriture d'une geôle où l'on ensevelissait un malheureux pendant des années, tantôt par les douleurs plus vives de la chambre de torture, tantôt, enfin, par une froide exploitation des affections naturelles; mettant en œuvre sans scrupule les alternatives les plus violentes d'espérance et de terreur • employant, avec une cynique indifférence, toutes les inventions de la fraude et de la tromperie à l'égard des misérables qu'on affaiblissait préalablement par la faim - les conseils que donnaient de tels hommes peuvent sembler les su-estions d'autant de démons, exultant dans leur pouvoir illfmité d'assouvir leurs passions haineuses sur des infortunés sans défense. Et cependant, à travers toutes ces horreurs, brille la conviction évidente qu'ils travaillent pour la cause de Dieu \ucun labeur n'est trop lourd quand ils peuvent sauver une âme de la perdition ; aucune tâche n'est trop répugnante quand ils peuvent amener une créature humaine à reconnaître ses torts, à les effacer par un repentir sincère; aucune patience ne leur semble trop longue s'ils peuvent éviter la condamnation injuste d'un innocent. Toute cette escrime savante entre le juge et l'accusé, toutes ces fraudes, toutes ces tortures du corps et de l'âme, si cruellement mises en œuvre pour arracher des confessions, n'avaient pas nécessairement pour but de procurer à l'Inquisition des victimes; on enseignait à l'Inquisiteur à être aussi sérieux, aussi consciencieux vis-à-vis des récalcitrants contre lesquels il possédait de suffisants témoignages qu a l'égard des suspects dont il ne pouvait que présumer le crime. Avec les premiers, il cherchait àsauver une âme, qui risquait de se perdre dans l'orgueil de son obstination ; avec les seeo^J, il s'efforçait de préserver les ouailles, en ne remettant pas en liberté une brebis malade qui pourrait infecter le troupeau. Il importait peu àla victime que tels ou tels motifs fissent agir son persécuteur, car la cruauté réfléchie est souvent plus froide

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