‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 417 sur 551 · ACTES DE VIOLENCE · texte numérisé non relu

ACTES DE VIOLENCE

les services des compagnons de captivité, qui étaientrécornpensés en conséquence. Dans une sentence portée contre un Carme, le 17 janvier 1329, coupable des actes les plus infâmes de sorcellerie, on allégua, à titre de circonstances atténuantes, qu'étant en prison avec quelques hérétiques il avait contribué à les faire avouer et avait révélé d'importants secrets qu'ils lui avaient confiés, au grand bénéfice de l'Inquisition qui espérait en retirer encore davantage.

Comme intermèdes à ces artifices, il y avait les actes de violence . Convaincu ou simplement suspect, l'hérétique n'avait pas de droits. Son corps était à la merci de l'Église et si la tribulation la plus douloureuse de la chair pouvait le contraindre à reconnaître ses erreurs, on n'éprouvait aucun scrupule à le faire souffrir pour sauver son âme. Parmi les miracles pour lesquels Saint François fut canonisé, on raconte qu'un certain Pietro d'Assise fut fait prisonnier à Rome sous l'inculpation d'hérésie et remis aux mains de l'évêque de Todi qui, pour préparer sa Conversion, le chargea de chaînes et le mit au régime du pain ^g et de l'eau dans une geôle obscure. Ainsi conduit au repentir par la souffrance, la veille de la Saint François, il invoqua l'aide du saint avec des torrents de larmes. Touché de son zèle, Saint François apparut et ordonna au prisonnier de sortir. Les chaînes tombèrent et les portes du cachot s'ouvrirent ; mais le malheureux était si affolé qu'il se cramponnait à la porte, en poussant des cris qui attirèrent les geôliers. Le pieux évêque vint en hâte à la prison, s'inclina devant la puissance divine et envoya au pape les chaînes brisées, comme témoignage du miracle. Plus frappant encore est un cas rapporté par Nidder. comme s'étant produit à l'époque ou il professait à l'Université de Vienne. Un prêtre hérétique, jeté en prison par son évêque, se montra obstiné ; les théologiens les plus éminents, qui travaillèrent à sa conversion, estimèrent qu'il disputait aussi bien qu'eux. Pensant que la souffrance éclaire l'esprit, ils finirent parole faire attacher solidement à un poteau. Les cordes, péné-

(1) Tract, de Paup. de Lugdtino (M.irtène, Thei. w. 1787 8.) — Eymeric. p. 434 — Arch. de l'inq. de Carcass. (Doat, XXVII. 150.)

Page 1