‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 421 sur 551 · HYPOCRISIE DU PAPE ALEXANDRE · texte numérisé non relu

HYPOCRISIE DU PAPE ALEXANDRE

Ad extirpanda, il en approuva l'usage pour la découverte de 422 ^'hérésie. Toutefois, un respect bien légitime pour les anciens préjugés de l'Église ne lui permit pas d'autoriser les inquisiteurs eux-mêmes ou leurs auxiliaires à administrer la torture aux suspects. Ce furent les autorités séculières qui reçurent l'ordre . de contraindre tous les hérétiques capturés à faire des aveux et à dénoncer leurs complices, au moyen de tortures qui devaient ménager la vie et l'intégrité du corps, « de même que les voleurs et les brigands sont obligés d'avouer leurs crimes et d'accuser leurs complices. » Les canons de l'Église, toujours en vigueur interdisaient aux ecclésiastiques de prendre part à ces exécutions ou même d'y assister, de sorte que l'inquisiteur qui, entraîné par son zèle, venait voir souffrir sa victime, avait besoin d'être « purifié » avant de pouvoir reprendre ses fonctions. Cela ne convenait pas à la politique de l'Inquisition. Peut-être, en dehors de l'Italie, où la torture était encore à peu près inconnue, trouva-t-elle quelque difficulté à s'assurer le concours des fonctionnaires publics; toujours est-il qu'elle se plaignit partout d'une complication de procédure qui compromettait le secret absolu nécessaire à ses opérations. Aussi, dès 1256, quatre ans après la bulle d'Innocent IV, Alexandre IV supprima hypocritement la difficulté en autorisant les inquisiteurs et leurs aides à s'absoudre mutuellement et à s'accorder mutuellement des dispenses pour des « irrégularités. » Cette permission, fréquemment renouvelée, fut considérée comme écartant tout obstacle : désormais, le suspect pouvait être torturé sous la surveillance immédiate de l'inquisiteur et de ses ministres. A Naples, où l'Inquisition n'était que faiblement organisée, nous trouvons les fonctionnaires publics employés par elle comme tortionnaires jusqu'à la fin du XIIIe siècle ; ailleurs, ce furent les inquisiteurs et leurs auxiliaires qui usurpèrent cet emploi. A Naples même, Fra Tomaso d'Aversa infligea, en 1305, les tortures les plus brutales aux Franciscains Spirituels ; -et quand il reconnut l'impossibilité de les amener ainsi à s'accuser, il eût recours à l'ingénieux expédient de priver pendant quelques jours de toute nourriture un des plus jeunes Frères,

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