‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 427 sur 551 · RÉTRACTATION DES AVEUX · texte numérisé non relu

RÉTRACTATION DES AVEUX

était rétractée, l'accusé pouvait être soumis de nouveau à la torture — continuée, non renouvelée, a-t-on soin de nous dire — sauf dans le cas où l'on jugeait qu'il avait déjà été torturé «suffisamment» (1).

La rétractation des aveux soulevait une question difficile, qui divisa les légistes et ne fut pas résolue, dans la pratique, d'une manière uniforme. Elle mettait l'inquisiteur en mauvaise posture et, vu la nature des moyens employés pour obtenir les aveux, devait être de fréquente occurrence : il fallait donc prendre des mesures rigoureuses pour la prévenir. Quelques auteurs distinguent entre les confessions spontanées et celles •qu'on extorquait par la torture ou par des menaces ; mais cette distinction fut négligée dans la pratique. L'opinion la plus charitable est celle d'Eymerich; il dit que si la torture a été suffisante, l'accusé qui persiste à se rétracter doit être remis en liberté. Mais cette opinion est isolée. D'autres demandent que l'accusé soit obligé à rétracter sa rétractation par une répétition de la torture. D'autres encore se contentent de dire que la rétractation constitue un « obstacle à l'Inquisition », et que, par suite, elle est justiciable de l'excommunication, dont doivent également être frappés les notaires qui contribueraient à rédiger des rétractations. En général, on présumait que la confession était véridique et que la rétractation était un parjure, attes- 429 tant que l'accusé était un hérétique impénitent et relaps, digne d'être livré au bras -séculier sans plus ample débat. Il est vrai que dans le cas de Guilhem Calverie, ainsi condamné en 1319 par Bernard Gui pour avoir rétracté sa confession, l'accusé bénéficia d'un délai de quinze jours pour revenir sur sa retraçai) Eymerie. Direct. Tnq . p. 480-2. — Mss. Bib Ntt. fonds latin, n° 4*70, loi. 101, 146. — Resp »nsa l'ruJentum (Doat, XXXVll. 83 sq.) — Bernardi Comens. L- cerna Inquis. s. v. Confessio, Torturas.

Le soin avec lequel les inquisiteurs dissimulaient les moyens employés pour o «tenir des aveux, paraît clairement dans le cas de Guillem Salâvert en 1303 On IVdige à déclarer que sa confession, faite l'année précédente, est «véridique, obtenue sans violence ni tourments, etc. » (esse veram, non factam vi tormento- /*/<//', amore, yratia, odio, timoré, vel favore alicujns, non subornatus nec inductiis mini* v l blanditiis, seu se Inclus per aliquem, non amens nec st"ltus se i boni, ni'iite (Mss. Bib. Mat., fonds latin, n° 11847.) Or, Salâvert appartenait à un groupe de victimes qui, corn ne nous le verrons plus loin, furent torturés san» ;mén;»g*ments.

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