CRUAUTÉ DES INQUISITEURS
tation ; mais cela n'était qu'un effet du bon vouloir de l'inquisiteur. La sévérité avec laquelle on procédait ordinairement est attestée par une remarque de Zanghino. Si, dit-il, un homme s'est confessé, a abjuré, et que, mis en liberté avec une pénitence à accomplir, il prétende publiquement avoir avoué par crainte, il doit être considéré comme un hérétique impénitent, susceptible d'être brûlé comme relaps. Nous verrons plus tard toute l'importance de cette observation en racontant le martyre des Templiers. Une autre question délicate se posait lorsque la confession retirée incriminait des tiers; en ce cas, les plus charitables pensaient que, s'il ne fallait pas retenir ce témoignage contre eux, l'auteur de l'aveu devait du moins être puni comme faux témoin. Comme aucune confession ne passait pour suffisante si les noms des complices n'étaient pas révélés, les inquisiteurs qui ne regardaient pas comme des relaps ceux qui s'étaient rétractés pouvaient se dédommager en les condamnant à la prison perpétuelle pour faux témoignage (1).
Ainsi perfectionnée et complétée, la procédure inquisitoriale était sûre de sa victime. Aucun accusé ne pouvait échapper, quand le juge était décidé à le condamner. La forme que cette procédure revêtit dans la jurisprudence séculière était moins arbitraire et moins efficace; cependant sir John Fortescue, chancelier d'Henri VI, qui eut mille occasions de l'observer pendant son exil, déclare qu'elle mettait la vie de tout homme à la merci d'un ennemi qui pouvait suborner deux témoins inconnus pour le charger.
(1) Eymeric. Direct. Inquis. p. 481. — Bernardi Co liens. Lncerna Inquis. s. vt. Confessio, lmp/pnitens, Torturas, n° 48. — Responsi Prudentutn (Doat, XXXVII. 83 ri.) — Arch. de l'In^. d>, Carcass. (Doat, XXVII. 12G; XXX.II, 251 ) — lab. Sentent. Inq. Tolosan. p. 266-7. — Zanchini Tract, de Haaret. c. xxm.
(2) Fortescue, De laudtb is legum Auglix, c. xxviw