LES TÉMOIGNAGES
4o0 Nous avons signalé, dans le chapitre précédent, la tendance naturelle de la procédure inquisitoriale à revêtir le caractère dun duel entre le juge et l'accusé. Ce déplorable résultat était le fruit du système et de la tâche imposée à l'inquisiteur. On voulait qu'il pénélrât au fond du cœur d'un homme, qu'il scrutât l'inscrutable. Son orgueil professionnel, autant que son zèle pour la foi, le poussait à démontrer par tous les moyens qu'il ne se laisserait pas tromper par les malheureux amenés devant son tribunal.
Dans une pareille lutte, les témoignages comptaient généra- Icmontpourpeude chose, sinon de prétextes à l'arrestation et à la poursuite ou comme moyens d'intimidation. On acceptait à ce titre les rumeurs les plus légères, môme émanant d'une personne notoirement portée à la calomnie, que l'on pouvait toujours se dispenser de faire comparaître (t). Le vrai champ de bataille était la conscience du prisonnier; sa confession était le prix de la victoire. Toutefois, la pratique de l'Inquisition relativement aux témoignages mérite d'être examinée en passant; on y voit comment le parti-pris de tout conduire « dans l'intérêt de la foi » donna naissance à la pire jurisprudence que l'homme ait jamais inventée et eut pour résultats habituels les plus abominables injustices. La manière toutà fait simple et franche avec laquelle dts règles destructives de tout principe d'équité sont énoncées *>ar des hommes qui étaient sans doute honnêtes dans les autres
(1) B mardi Comens. Lucerna Tnquisit. s. vv. Infamia, Inquisitor,*, n° 7.