‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 431 sur 551 · DEGRÉS DE SUSPICION · texte numérisé non relu

DEGRÉS DE SUSPICION

Prénesteet reconnu entièrement favorable; Accursio se tira d affaire moyennant une pénitence imposée par le pénitencier pontifical, Raymond de Pennaforte, et Grégoire écrivi au inqmsiteurs de Paris de ne point le molester

Avec un pareil système, le catholique le plus dévot ne pouva,t^pas se sent.r en sûreté pendant un seul instant de sa

ét^ri^K,610118^6"'01'1^0111, défmir ""définissable. D eta t inévitable que, dans un très grand nombre de cas, l'aveu de 1 accuse put seul entraîner la certitude. En conséquence pour éviter le malheur d'acquitter ceux qui ne pouvaient être amenés a des aveux, il devint nécessaire d'imaginer un nouveau crime, celui de « suspicion d'hérésie ». Cela ouvrait un vaste champ aux subt.lités infinies où se complaisaient les juristes des Ecoles, qui faisaient de leur prétendue science une di^ne rivale de la théologie scolastique. On commença par distingue trois degrés de suspicion, suivant qu'elle était légère, véhémente ou dolente; les glossateurs travaillèrent avec délices à dTfin r la quantité et la qualité des témoignages qui autorisaient une de ces trois suspicions, avec le résultat prévu que, dans la pratique, la décision finale était laissée à la discrétion du ju»e Qu un homme contre lequel aucune preuve positive n'avait été fournie put être puni simplement parce qu'il était suspect cela m paraîtra aux modernes l'effet d'une singulière conception de la justice ; mais, aux yeux de l'inquisiteur, c'était faire injure à Dieu et aux hommes que de laisser échapper sans châtiment une personne dont l'orthodoxie n'était pas absolument certaine Comme bien d'autres doctrines professées par l'Inquisition' celle-ci pénétra dans la loi criminelle de tous les pays et contribua pendant plusieurs siècles à la pervertir (2).

On admettait généralement que deux témoins étaient nécessaires pour faire condamner un homme de bonne réputa-

(O Concil. Albiens. ann. 1254 c. 27. — Guid. Fulcod lhir<t „ n*~.

(2) Eymeric Direct. Inq. p. 376-81. - Zanchini Tract, de Bxret. c. m.

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