‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 446 sur 551 · POURSUITES CONTRE LES MORTS · texte numérisé non relu

POURSUITES CONTRE LES MORTS

qu'il l'avait battue à cette occasion ; le troisième qu'il l'avait récemment entendue dire qu'elle voudrait bien que son mari fût mort, pour qu'elle pût épouser un certain Pug Oler et quelle serait prête à devenir lépreuse pour en arriver là. Bien que cela dût paraître suffisant, Pons ne semble pas avoir échappé. En fait, l'accusé qui essayait de se défendre avait si peu d'espoir de réussir que fréquemment il y renonçait dès l'abord. A Carcassonne, le 26 août 1252, Arnaud Fabri refusa de recevoir une copie des témoignages à charge, alors que l'inquisiteur la lui offrait. Les jugements contiennent souvent une formule établissant que le condamné avait eu la possibilité de se défendre et avait refusé de s'en prévaloir, preuve que cet abandon de la défense n'était pas un fait exceptionnel. (1)

Dans le cas de poursuites contre les morts, les enfants ou lés héritiers du défunt étaient cités à comparaître pour défendre sa 449l mémoire. On publiait dans les églises que toute personne ayant quelque intérêt dans l'affaire, soit qu'elle possédât des biens du défunt, soit pour tout autre motif, était invitée à se présenter devant le tribunal. Un troisième avertissement notifiait au public que, si aucun témoin ne comparaissait au jour fixé, le jugement n'en serait pas moins rendu. Ainsi, en 1327, Jean Duprat, inquisiteur de Carcassonne, ordonne aux prêtres de toutes les églises, dans les diocèses de Carcassonne, de Narbonne et d'Alet, de procéder àla publication en question pendant le service divin, tousles dimanches et jours de fète,jusqu'àladate fixée pour le procès, et de lui envoyer une attestation notariée, constatant que la publication a bien été faite. Les jugements rendus contre des défunts rappellent toujours avec soin ces avertissements préalables; mais, malgré cette affectation d'équité, la procédure à l'égard des morts n'était pas moins une caricature de la justice que celle dont les vivants étaient les victimes. Lors de Y auto tenu en 1309 à Toulouse, quatre défunts furent condamnés ; or, nous apprenons à cette occasion que, dans un des cas,

(1) Registre de l'Inq. de Carcassonne (Mss. Bib. Nat., fonds latin, nouv. acquis. 139. f. 33, 44, 62). — Practica super Inquisitione (Mss. Bib. Nat., fonds latiD, i° 14930, fol. 212.)

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