‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 447 sur 551 · IMPUISSANCE DES HÉRITIERS · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE DES HÉRITIERS

personne n'avait comparu et que, dans les trois autres, les héritiers s'étaient présentés, mais avaient renoncé à toute défense. Dans le cas de Castel Fabri dont il a été question plus haut, où la fortune du défunt était grande, les héritiers comparurent, mais toute possibilité de défense leur fut refusée par l'inquisiteur Nicolas d'Abbevîlle. Dans le cas de Pierre de Tormamire, les héritiers réussirent finalement à faire annuler la sentence à •cause des grossières irrégularités de la procédure ; mais ce résultat ne fut obtenu qu'au prix d'une lutte de trente-deux ans, pendant lesquels les biens du défunt restèrent sous séquestre. Quelquefois, dans le cas d'hérétication au lit de mort, les enfants opposaient l'exception de non compos, qui passait, en principe, pour valable ; mais comme les seules personnes admises à en témoigner devaient être d'une orthodoxie irréprochable et étrangères à la famille du défunt, on conçoit que l'allégation des héritiers ne trouvât que bien rarement créance (1).

Pratiquement, celui qui tombait entre les mains de l'Inquisition n'avait aucune chance de salut. Théoriquement, il avait, comme dans d'autres procédures, le droit de récuser son juge, mais c'était là une expérience bien dangereuse à tenter et nous croyons sans peine Bernardo di Como, quand il nous dit que cela n'arrivait jamais. On ne pouvait plaider l'ignorance, car, ^kq dit Bernard Gui, un ignorant doit partager la condamnation de son maître, le Père du Mensonge. Celui qui niait avec persistance le crime qu'on lui imputait, même en se déclarant prêt à confesser la foi et à obéir en toutes choses à l'Église, était un obstiné et un impénitent, indigne de toute pitié. Le suicide en prison équivalait à l'aveu de la faute, moins le repentir. Il est vrai que la folie ou l'ivresse pouvaient être invoquées comme circonstances atténuantes pour des propos hérétiques, si l'accusé rachetait sa

J (1) Concil. Biterrens. ann. 1246, Append. c 18. — Doctrina de modo procedendi <Martène, Thesaur. V. 1813.) — Coll. Doat, XXVII. 97-98; XXIX. 27; XXXIV. 123; XXXV. 61 ; XXXVIII. 166. — Lib. Sentent. Inquis. Tolosan. p. 33-4. — Molinier, L'inquis. dans le Midi de la France, p. 287. — Alex. PP. IV. Bull. OHm ex varte, 24 Sept ; 13 Oct. 1238; Urbani PP. IV*. Bull. Idem, 21 Aug. 1262 (Mag. Bull. Rom. £ 117.)

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