‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 450 sur 551 · INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE · texte numérisé non relu

INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE

d'obtenir sa toute puissante intervention. Dès 4245, les évoques du Languedoc se plaignent à Innocent IV que beaucoup d'hérétiques échappent ainsi au châtiment. Ce n'était pas seulement à ceux qui passaient en justice, mais à ceux qui craignaient d'être cités, aux excommuniés par contumace, aux condamnés, que les lettres accordées par les pénitenciers pontificaux conféraientl'immunité. J'ai rencontré nombre de cas attestant cetteintrusion du Saint Siège dans l'œuvre du Saint Office ; l'un d'eux indique clairement à quels arguments on avait recours pour la provoquer. Par des lettres du 28 décembre 1248, le pénitencier pontifical Algésius enjoint de relâcher, sans confiscation, les prisonniers de l'Inquisition qui avaient confessé l'hérésie, un des motifs allégués étant la libéralité des donations qu'ils avaient faites en faveur de la Terre Sainte. Il n'est pas suprenant que les inquisiteurs se soient quelquefois rebifYés et il arriva même que l'un d'eux donna une verte leçon à la Curie. En 1249, quelques habitants de Limoux, condamnés à porter des croix et à subir de lourdes pénitences, obtinrent d'Innocent IV un ordre qui équivalait à une grâce partielle ; alors les inquisiteurs, pour témoigner leur dépit, accordèrent à ces pénitents l'absolution complète. Innocent se hâta de faire renouveler la sentence de condamnation, en sorte que les malheureux perdirent le fruit de leurs efforts. Moins indiscrète fut l'intervention d'Alexandre IV en 1255, dans le cas d'Aimeric de Bressoles de Castel-Sarrazin, condamné pour des actes d'hérésie commis trente ans auparavant. Il représenta qu'il avait accompli la plus grande partie de sa pénitence et que son grand âge et sa pauvreté l'empêchaient de l'achever; sur quoi le pape autorisa les inquisiteurs à commuer le reste de la peine en œuvres pieuses. En 1298, Boni face fit disparaître les incapacités légales qui affligeaient les petits enfants et les arrière-petits enfants de Clavagemma de Milan, hérétique sur son lTt de mort; les ruines de leur maison, qui avait été détruite, leur furent rendues; mais il n'en fut pas de même de leurs biens confisqués. Un cas remarquable se produisit en KHI, lorsque Grégoire XI autorisa l'inquisiteur de Garcassonne à mettre en liberté Bidon de Puy-

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