PÉNITENCES
plus grave était le port de croix jaunes cousues sur les vête mente ; enfin, la plus sévère punition que put infliger le Sa £ Office le murus ou prison. La confiscation, comme je l'aidé* dit n était qu'un incident et, comme le bûcher, rele ai d s autorités temporelles. En outre, les conciles de Narb nne de Beziers presenvent la peine du bannissement, à perp tm e ou atemps, mais elle parait avoir été si rarement appliqua ïui est a peine beso.n d'en tenir compte; cependant elle est que quefois mentionnée dans les sentences lesplus andenne et énumeree parmi les pénitences auxquelles les hérétiques repentants consentaient à se soumettre (1)
Le crime d'hérésie était trop grave pour être expié par la contriion et le retour au bien. Quoique l'Église prétendit accueillir avec jo.e dans son seinmaternel, ses "enfants égaré et repentants, la voie à suivre par le coupable était dure et son pèche ne pouvait être lavé qu'au prix de pénitences assez sévères pour attester la ferveur de sa conversion. Avant l'établissement de HnquISition, vers 1208, saint Dominique, alors sous les ordres du légat Arnaud, convertit un Cathare nommé Pons Roger etlui prescrivit une pénitence dont la formule s'est conservée. Elle nous donne une idée nette de ce que l'Église considérait alors comme les conditions raisonnables dW réconciliation, à une époque où elle mettait en œuvre toutes ses ressources pour reconquérir les hérétiques et n'avait pas encore recours, sauf exception, à la violence. Le pénitent doit être dénude jusqu à la ceinture trois Dimanches de suite et fouette par le prêtre depuis l'entrée de la ville de Tréville jusqu a la porte de l'Eglise. 11 doit s'abstenir à tout jamais de viande, d œufs et de fromage, excepté à Pâques, à la Pentecôte et a Noël ; ces jours-là, il doit manger de ces aliments en si^ne de renonciation aux erreurs manichéennes. Pendant quarante jours, deux fois par an, il doit s'abstenir de poisson ; pendant trois jours de chaque semaine, il ne doit prendre ni poisson ni vin, ni huile et même jeûner complètement, si sa santé et ses
(1) Concil. Narbonn. ann. !2H c 1 — rnnn,\ d* e.28 - CoU. Doat, XX.. *00. * Mslm.^^Z, ™J™- APP™«-
SURVEILLANCE DES PÉMTENTS 52$
occupations le lui permettent. 11 doit porter des vêtements monastiques, avec une petite croix cousue sur chaque pectoral. Si possible, il doit entendre la messe tous les jours et, les jours de fête, assister aux vêpres. Sept fois par jour il doit réciter les heures canoniques et, de plus, le Pater noster dix fois chaque jour et vingt fois chaque nuit. Il doit observer la chasteté la plus absolue. Chaque mois il doit présenter ce papier au prêtre, qui doit en surveiller l'observance, et persévérer dans ce genre de vie jusqu'à ce que le légat croie convenable de l'en affranchir. Toute infraction à la pénitence imposée fera de lui un parjure et un hérétique et l'exposera à être écarté de la communauté des fidèles (1).
Ceci montre combien les formes diverses de la pénitence étaient mêlées au gré du père spirituel. Le même caractère s'observe dans une sentence très indulgente portée en 1258 par l'inquisiteur de Carcassonne contre Raymond Maria, qui avait avoué différents actes d'hérésie commis vingt ou trente ans auparavant et qui, par d'autres motifs, avait des titres sérieux à l'indulgence. Nous y constatons aussi l'usage du rachat des pratiques pieuses pour de l'argent. Raymond doit jeûner depuis le vendredi après la Saint-Michel jusqu'à Pâques et ne doit pas manger de viande le vendredi ; mais il peut racheter ce jeûne en donnant chaque fois un denier à un pauvre. Il doit réciter sept fois par jour le Pater noster et Y Ave Maria. Dans le délai de trois ans, il doit visiter les sanctuaires de Sainte-Marie de Roche-Amour, de Saint-Roux d'Aliscamps, de Saint-Gilles de Vauverte, de Saint-Guillaume du Dézert, de Saint-Jacques de Compostelle, rapportant chaque fois des attestations du recteur de chaque église. Comme rachat d'autres pénitences, il doit donner six livres tournois à l'évèque d'Albi pour l'aider à construire une chapelle. Il doit entendre la messe au moins tous les Dimanches et jours fériés et s'abstenir de tout travail ces jours-là. Une autre pénitence de même genre fut infligée à un Chartreux de la Loubatière, coupable de Franciscanisme spiri-
(1) Paramo, Di Oriq. Offin. S. Tnquis. Iib. n. Tit. i. c. 2. § 6 — Martène, Thés. i. 802 — Coll. Doat, XXXI. 1.