‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 461 sur 551 · FLAGELLATION · texte numérisé non relu

FLAGELLATION

tue . Il deva.t ne pas quitter l'abbaye pendant trois ans et ne parler, ce temps durant qu'au cas de nécessité extrême. Pendant une année, il devait confesser tous les jours en présence de ses frères que Jean XXII était le vrai pape et qu'on lui devait obéissance; par surcroît, il devait se soumettre à certains jeunes et réciter quelques parties de la liturgie et du psautier. De telles pénitences pouvaient être variées à l'infini au gré de I inquisiteur (I). 8

Dans tout ce qui précède, il n'est pas question de flagellation. Mais c était la un élément si ordinaire de la pénitence qu'il est souvent sous-entendu lorsqu'on prescrit des pèlerinages ou la fréquentation des églises. Nous avons vu Raymond de Toulouse s y soumettre et quelque répugnante que s'oit à nos yeux cette pratique, il faut dire qu'elle ne comportait pas autrefois l'idée dégradante que nous y attachons aujourd'hui. Les conciles de Narbonne et de Uôziers, en 1244 et en 1246. celui de Tana-one en 1242, mentionnent la discipline parmi les peines légères prescrites pour les convertis volontaires, qui se confessent spontanément pendant le temps de grâce. Toutefois, c'était une peine sérieuse. Nu autant que le permettaient la décence et a température, le pénitent, une verge à la main, se présentait tous les Dimanches au prêtre, entre l'Épitre et l'Évangile pendant la célébration de la messe ; le prêtre le frappait à coups redoubles sous les yeux des fidèles - singulier intermède du service divin ! Le premier Dimanche de chaque mois, le pénitent devait, après la messe, se rendre dans toutes les maisons ou il avait vu des hérétiques et y recevoir le même traitement • il devait accompagner, dans le même accoutrement, toutes les processions solennelles et recevoir des coups à chaque station et a la fin. Même si la ville était en interdit, s'il était lui-même excommunié, sa pénitence devait suivre son cours et elle durait tant qu'il plaisait à l'inquisiteur, souvent jusqu'à la mort du malheureux. Seul, l'inquisiteur pouvait mettre un terme à une pénitence. Nous possédons une formule de Bernard Gui,

(1) Archives de Mnq. de Carcass. (Doat, XXXI. 255.) - Coll. Doat, XXVII. 136.

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