CROISADES
de sept ou de huit. Ceux qui allaient en Terre Sainte devaient rapporter des attestations signées du patriarche de Jérusalem ou d'Acre. Lorsque le comte Raymond se préparait à accomplir, après de longs délais, son vœu de Croisé, il obtint, en 1247, une bulle d'Innocent IV. autorisant l'archevêque d'Auch et l'évêque d'Agen à commuer en pèlerinage d'outre-mer la pénitence des croix temporaires et de la prison, ou môme des pénitences infligées à perpétuité, si l'inquisiteur, auteur des sentences, y consentait. L'année suivante, la même mesure fut étendue aux domaines du comte de Montfort. Sous cette impulsion, on vit de nouveau beaucoup de pénitents servir comme Croisés. Nous possédons une notification faite par les inquisiteurs de Carcassonne, le 5 octobre 1251, dans l'Église de Saint-Michel, à ceux qui portaient des croix ou qui avaient cessé de les porter : on les somme de tenir leur promesse et de faire voile pour la Terre Sainte avec le premier convoi. Dans le registre de Carcassonne, Tordre de partir pour la Croisade est souvent donné à des pénitents. Les résultats désastreux des campagnes de Saint-Louis et la chute du royaume de Jérusalem tendirent à faire tomber en désuétude cette forme de pénitence, qui continua, cependant, à être prescrite de temps en temps. En 1321 encore, nous voyons Guillem Garric condamné à se rendre au-delà des mers avec le prochain convoi et à y rester jusqu'à ce que l'inquisiteur le rappelle; en cas d'empêchement légitime (ce qui était à prévoir, car il était vieux et avait moisi en prison pendant trente ans), il pouvait envoyer à sa place un solide homme d'armes ; mais s'il négligeait de faire cela ou de partir lui-même, il serait condamné à la prison perpétuelle. Cette sentence nous offre, en outre, un des rares exemples de bannissement, car Guillem reçoit Tordre, s'il fournit un remplaçant, de fixer sa résidence dans un lieu à désigner, où il restera tant qu'il plaira à l'inquisiteur (1).
(i) Wadding. Annal, ann. 1238, n» 7. — Concil. Narbonn. ann. 1244 c. 2. — Concil. Biterrens. ann. 1246, Append. c. 26, 29. — Berger, Les Reoislres d'Innocent IVt n" 3508, 3677, 3866. — Coll. Doat, XXXL 17. — Vaissetei m. Pr. 466.— Mss. Bib. Nat., fonds lat., nouv. acquis., 139, fol. 8. — Molinier, Ulnq is. dans le Midi, p. 408-9. — Lib. Sentent. Inq. Tolos. p. 284 5. — Coll. Doat, XXF. 185, 486, 217.