‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 464 sur 551 · PORT DES CROIX · texte numérisé non relu

PORT DES CROIX

Ces condamnations n'atteignaient pas le pénitent dans sa situation sociale et dans sa réputation. Il n'en était pas de même de la peine - beaucoup moins dure en apparence - qui consistait dans l'obligation de porter des croix. C'était L excellence, une peine humiliante, pœna confusibilis. Nous avons vu que, dès 1208, saint Dominique ordonna aux héréti ques convertis de porter sur la poitrine deux petites croix en signe de pech et de repentir. Il semble contradictoire que 1 emblème de la Rédemption, si fièrement porté par les CroLs e les ordres militaires, soit devenu, pour le converti, une péna^ I.te presque insupportable; mais lorsque l'Église en eut fait la marque du péché et de la honte, il est peu de disgrâces qu'on n eut pas préférées à celle-là. Les deux petites croix de saim Dominique devinrent de grandes pièces de toile peinte en safran, dont les bras avaient deux pouces et demi de large deux palmes et demie de haut, deux palmes de long Vunè cousue sur la poitrine et l'autre sur le dos (on se consentait parfois de la croix sur la poitrine). Si, au cours de son p ocè e converti s'était parjuré, on ajoutait en haut un second bras transversal ; s'il avait été un hérétique parfait, une troisième croix était mise en évidence sur son couvre-chef. D'autres foi ç était un marteau, que devaient porter les prisonniers mis en liberté sous caution; nous avons déjà parlé des langues rouaes imposées aux faux témoins, des lettres infligées comme marqu aux faussaires, sans compter, les autres emblèmes humiliants que pouva.t imaginer l'inquisiteur. Ces stigmates devaient être portes auss, bien dans la maison qu'au dehors et, lorsqu'il! étaient uses, ils devaient être remis à neuf par le péniten Pendant la dernière partie du Xu,e siècle, ceux qui allaient en croisade au delà des mers pouvaient quitter leurs croix duran" 1 expédition à condition de les reprendre à leur retour Au début de 1 Inquisition, on fixait généralement, pour cette hum-hation une durée d'un an à huit ans ; mais, dans la suUe la peine fut toujours infligée à vie, bien que l'inquisiteur eu pouvoir de laremettre pour récompenser une « bonne conduite >, Ainsi, lors de l'auto de fé de 1309, Bernard Gui permit à Raj-

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