‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 465 sur 551 · RIGUEUR DK LA PEINE · texte numérisé non relu

RIGUEUR DK LA PEINE

monde, femme d'Etienne Got, de déposer les croix qu'elle avait été condamnée à porter, une quarantaine d'années auparavant, par Pons de Poyet et Etienne de Gâtine (1).

Le concile de Narbonne, en 4229, prescrivit le port de ces 469 croix, à tous les convertis qui renonçaient volontairement à l'hérésie, comme une preuve qu'ils détestaient leurs erreurs passées. Apparemment, l'on trouva que la pénitence était dure et Ton fit effort pour s'y soustraire, car les statuts de Raymond, en 1234, et le concile de Béziers de la même année, menacent de confiscation ceux qui refusent de porter ces insignes, ou qui essaient de les dissimuler. D'autres conciles renouvelèrent cette obligation et retendirent à tous ceux qui se réconcilieraient à l'Église. En 4248, le concile de Valence décida que les réfractaires seraient impitoyablement contraints de s'amender et qu'en cas de récidive on les traiterait comme des évadés de prison, en leur appliquant toutes les peines dues à l'hérésie impénitente. En 4251, un pénitent, se préparant à partir pour la croisade, crut pouvoir déposer ses croix avant son départ et fut jugé pour ce fait : on le condamna à venir à Carcassonne, le premier dimanche de chaque mois, pieds nus, vêtu seulement d'une chemise et d'un pantalon, et à visiter chaque fois toutes les églises de la ville, en se soumettant à la flagellation. Cette peine ne devait prendre fin que le jour de son embarquement (2).

Ces rigueurs montrent à quel point le port des croix paraissait intolérable. Dans les sentences de Pierre Cella, il n'est prescrit que dans les cas graves et pour un certain nombre d'années seulement; plus tard, on l'infligea dans tous les cas et

(1) C. Biterrens. ann. 1246, Append. c. 2G. — Lib. Sentent, lnq. Tolos. p. 8, 13, 130, -J28.

En Italie, les enis paraissent avoir été de drap rouge (Archiv. di Firenze, Prov. S. Maria Novelh, 31 Oct. 1327.) — Au xm° siècle, il y a une allusion isolée à une autre œna confusibilis, qui consiste en un collier de bois porté par le pénitent. J'en tr uve la mention à La Charité, en '1233, mais n'en ai pas rencontre d'autre eie pple (Ripoll, i, 46.)

(2) Concil. Narbonn. ann. 122^, c. 10. — Statut. Raymond! aira. 1234 (Hardouin. vu. 205.) — Concil. Biterrens. ann. 1234 c. 4. — Concil. Tarraconens. ann. 1242. — Concil. Narbonn. ann. 1244 c. 1. — Concil. Valentin. ann. 1248 c. 13. — ConciL Àlbiens. ann. 1254 c 4. — Mss. Bib. Nat., londs latin, nouv. acq. 139, fol. 2.

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