‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 474 sur 551 · CONCILE DE VIENNE · texte numérisé non relu

CONCILE DE VIENNE

hommes et à des femmes et de les avoir soumis à mille vexa- 478 lions. Le pape ajoute naïvement, pour aggraver leur cas, qu'ils n'ont pas fait servir leurs gains illicites au profit du Saint Office, ni de l'Église romaine, ni même de leur propre Ordre; preuve qu'en bien des cas on fermait les yeux sur ces extorsions, pourvu que le produit en fût judicieusement distribué. Boniface avait envoyé Gui, évêque de Saintes, pour faire mie enquête et, comme les griefs énoncés avaient été reconnus réels, il ordonna au provincial de remplacer les coupables par des Dominicains (1). Ce changement ne profita guère aux malheureux opprimés, car, dès l'année suivante, Mascate de'Mosceri, jurisconsulte de Padoue, en appelait au pape Benoît et lui dénonçait le nouvel inquisiteur dominicain, Frà Benigno, qui procédait contre lui à seule fin de lui extorquer de l'argent. En 1304, Benoît fut obligé d'adresser un avertissement sérieux aux inquisiteurs de Padoue et de Vicence, en raison des plaintes qui lui parvenaient touchant de bons catholiques, frauduleusement poursuivis à l'aide de faux témoins. On conçoit pourquoi les Franciscains sévères se plaignaient que les inquisiteurs de leur Ordre parcourussent le pays à cheval au lieu d'aller pieds nus, comme le prescrivait leur Règle. A la même époque, les Domi* ( nicains du Languedoc étaient l'objet des mêmes accusations* > Rome fut lente à s'en émouvoir, mais enfin l'enquête instituer par Clément V le convainquit que les faits allégués étaient •exacts. Au concile de Vienne, en 1311, le pape fit adopter des canons, incorporés dans le Corpus Juris, dont les termes disent assez clairement ce que les peuples soumis à l'Inquisition ne savaient que trop : à savoir que l'office inquisitorial servait souvent à extorquer de l'argent aux innocents et à laisser des coupables en liberté moyennant finances. Clément proposait, comme châtiment de pareils méfaits, l'excommunication ipso fado ; Bernard Gui trouva que c'était excessif, car l'excommunication invaliderait tous les actes du délinquant, les bons

(1) C'est en 1477 seulement que Sixte IV, à la requête du doge Andréa Vendra- <mi no, révoqua le décret de Bonitace et nomma inquisiteur à Padoue et à Vicence te Franciscain Giovanni da Clugia. (Archivio Vaticano, Sixto IV, Reg. T. i, fol. 108.)

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