‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 481 sur 551 · PRISON PERPÉTUELLE · texte numérisé non relu

PRISON PERPÉTUELLE

inquisitoriale, ce n'élait pas, en réalité, une punition, mais un moyen pour le pénitent d'obtenir, au régime du pain et de l'eau, le pardon de ses crimes ; en même temps, une surveillance attentive le maintenait dans le droit chemin et l'empêchait de contaminer le reste du troupeau. Bien entendu, cette pénitence n'était imposée qu'aux convertis. L'hérétique rebelle qui persistait dans la désobéissance, qui refusait obstinément de confesser son hérésie et affirmait son innocence, ne pouvait être admis à la pénitence et était remis au bras séculier, c'est-à-dire au bourreau (1).

Aux termes de la bulle Eœcommunicamus de Grégoire IX, en 1229, tous ceux qui, après arrestation, étaient ramenés à la foi par crainte de la mort, devaient être incarcérés pour le reste de leur vie et accomplir ainsi la pénitence appropriée à leur cas. Presque en même temps, le concile de Toulouse en ordonna de même, ajoutant que les convertis involontaires devaient être empêchés de corrompre les autres. Le décret de Ravenne de Frédéric II, en 4332, adopta la même règle et en fit une disposition légale durable. Le concile d'Arles, en 1234, appela l'attention sur les continuelles rechutes des convertis par force et recommanda aux évoques de veiller sévèrement à ce que la peine de l'incarcération perpétuelle leur fut appliquée. A cette époque, les relaps n'étaient pas encore considérés comme perdus sans retourni abandonnés au bras séculier, mais jetés en prison pour n'en plus sortir (2).

L'Inquisition naissante trouva cette règle établie et l'appliqua avec l'impitoyable énergie qu'elle apportait dans l'exercice de ses fonctions. C'était, disait-on, une grâce accordée à des gens qui avaient perdu tout droit à la pitié des hommes. Il ne devait

(1) Zanchini Tract. d<> Hxret. c. x.

(2) (jregor. PP. IX. Bull. Excommanicamus, 20 Aug. 1229. - Concil. Narbonn anu. 122!), c. 9. — Hist. Diplom. Frid. II. T. IV. p. 300. — Coucil. Arelat ami. 1234, c 6. — Vaissete, III, Pr. 314.

La bulle de Grégoire, introduite dans le droit canonique, condamne à la prison perpétuelle ceux qui redire noluerint (C. 15, § 1, Lxtra v. vu); ce dernier mot est évidemment un la/^us pour voluerint, puisque les hérétiques «bs'inés étaient livrés au bras séculier. Le décret de Ravenne, publié peu de temps après par Frédéric II, lait observer,que l'empris ;nnement à ppetuité des convertis est conforme au* canons de l'Eglise.

Page 1