‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 484 sur 551 · RÉGIME DES PRISONS · texte numérisé non relu

RÉGIME DES PRISONS

Il y avait deux régimes pour les prisonniers : le régime strict (murus strictus, duras ou ardus) et le régime adouci (murus largus). Mais, dans l'un et l'autre, le captif ne recevait que du pain et de l'eau ; il était enfermé dans une cellule et ne pouvait communiquer avec personne, de crainte qu'il ne fut corrompu ou ne corrompît d'autres. Toutefois, cette dernière règle ne fut pas sévèrement appliquée, car vers 1306, Geoffroi d'Ablis signale comme un abus les visites faites aux prisonniers par des clercs et des laïcs des deux sexes. On permettait aux conjoints de se *°f voir s'ils étaient emprisonnés l'un et l'autre, ou si l'un des deux seulement était en prison. Vers la fin du xive siècle, Eymerich accorde que des catholiques zélés peuvent être autorisés à visiter des prisonniers, mais il interdit ces visites aux femmes et aux gens simples ; car, ajoute-t-il, les convertis sont très disposés aux rechutes, très aptes à infecter les autres et, généralement, ils finissent sur le bûcher (1).

Les personnes soumises au régime plus doux du murus largus pouvaient, si elles se conduisaient bien, prendre un peu d'exercice dans les corridors, où elles avaient quelquefois la facilité d'échanger quelques paroles et de reprendre contact avec le dehors. Les cardinaux qui visitèrent la prison de Garcassonne et prescrivirent des mesures pour en atténuer les rigueurs ordonnèrent que ce privilège fût accordé aux captifs âgés et infirmes. Le condamné au murus strictus était jeté, les pieds enchaînés, dans une cellule étroite et obscure; parfois il était enchaîné au mur. Cette pénitence était infligée à ceux dont les offenses avaient été scandaleuses, ou qui s'étaient parjurés par des confessions incomplètes, le tout à la discrétion de l'inquisiteur. J'ai rencontré un cas, en 1328, ou un, hérétique faux, témoin fut condamné au murus strict issimus, avec des chaînes tant aux mains qu'aux pieds. Lorsque les coupables appartenaient à un Ordre religieux, la punition était généralement tenue secrète et le condamné était emprisonné dans un couvent de son Ordre. Les couvents étaient d'ordinaire pourvus de cellules

(i) Arch. de l'Inq. de Carcass. (Doat, XXXIII. 143). — Goncil. Riterrens. ann. 1246, c. 23, 25. — Eymerich, Direct. Inquis. p. 507.

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