‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 486 sur 551 · CONDITION DES PRISONNIERS · texte numérisé non relu

CONDITION DES PRISONNIERS

de leurs précédents possesseurs et que, lorsque les hérétiques seraient sans ressources, les villes ou les seigneurs sur le territoire desquels on les avait pris seraient responsables de la dépense et obligés, sous menace d'excommunication, de la supporter. Néanmoins, la responsabilité des évêques était si évidente que certains inquisi eurs zélés parlaient de les poursuivre comme fauteurs d'hérésie pour négligence à faire construire des prisons; mais Gui Foucoix déconseille discrètement cette procédure et recommande de soumettre les cas de ce genre au jugement du Saint-Siège. (1) 490 On conçoit combien la condition des prisonniers devait être misérable, alors que leurs oppresseurs et spoliateurs marchandaient sur le prix de leur entretien, du pain et de l'eau qu'il s'agissait de leur fournir. Saint-Louis, suzerain des territoires cédés par le traité de Paris, qui bénéficiait dans une très large mesure des confiscations, reconnut que ces profits lui imposaient des devoirs. En 1233, il entreprit d'entretenir des prisons à Toulouse, à Carcassonne et à Béziers. En 1246, il ordonna à son sénéchal de mettre à la disposition des inquisiteurs des prisons convenables à Carcassonne et à Béziers, et de fournir aux détenus leur ration journalière de pain et d'eau. En 1258, il prescrivit à son sénéchal de Carcassonne d'achever promptement les prisons commencées ; il sait bien que les prélats et les barons sur les terres desquels les hérétiques ont été pris doiyent assurer leur entretien, mais, pour éviter des difficultés. il consent à ce que les dépenses afférentes soient supportées par le trésor royal, quitte à être ensuite recouvrées auprès des seigneurs. Lors de la mort d'Alphonse et de Jeanne de Tououse, en 1272, tous les territoires où sévissait l'Inquisition et, à peu d'exceptions près, toutes les confiscations revinrent au roi de France. Dès lors, l'entretien des prisons, y compris les salaires des geôliers, incomba à la Couronne, excepté peut-être a. Albi, oùl'éyèque, qui avait sa part des dépouilles, parait aussi

(i\ Coneil. Toîosan. ann. 1220 c. 11. — Concil. Vnler.tin ann. 1*34 c. 5 — CodciI. Narboim.;aon. 1244 c. 4. — Coll. Uoat, XXXI. 157. — « oncil. Biterrens. ann. 1215, App°nd. c. 23, 27. — Innocent PP. IV. Bull. Cum sicttt, 1 Mart. I2M (Doat, XXXi. ii4.) — Concil. Albiens. ann. 1254 c. 24. — GuUl. Fulcod. Quœst. x.

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