MISÈRE DES CAPTIFS
condamnait à croupir. La mortalité dans ces prisons - fait énorme. Cependant, quelques-uns résistaient pendanl les années ; nous connaissons même le cas d'une femme qui fut gracieusement mise en liberté à la condition de porter des croix, après avoir passé trente-cinq ans dans la prison do Toulouse. Dans les autos de fé, on trouve souvent des sentences prononcées contre des prisonniers qui étaient morts avant la fin de leur procès. Lors de Y auto de 4310, à Toulouse, il est question de dix personnes mortes après avoir confessé !eur hérésie et avant le jugement; dans Yauto de 1319, on compte huit cas analogues. La prison de Carcassonne semble avoir été un séjour presque aussi mortel que celle de Toulouse, hans Yauto de 1325, il y a des sentences contre quatre décédés ; on en trouve cinq dans celui de 1328. Comme on ne paraît pas avoir tenu de registres, c'est seulement d'après ces indices que nous pouvons nous faire une idée de l'épouvantable condition sanitaire des prisons (1).
La prison était naturellement la peine que les inquisiteurs infligeaient le plus souvent. Dans le registre des sentences de Bernard Gui, comprenant ses opérations de 1308 à 1322, il est fait mention de 636 condamnations, qui se répartissent comme il suit :
Personnes livrées au bras séculier et brûlées vives 40 ^95
Ossements exhumés et brûlés. . 67
Condamnations à la prison 300
Ossements exhumés de personnes qui auraient été condamnées à
la prison 21
Condamnations au port de croix 138
Condamnations à des pèlerinages. 16
Bannissement en Terre Sainte. . 1
Fugitifs 36
Condamnation du Talmud 1
Maisons à détruire 16
(1) Lib. Sentent. Inq. Tolos. p. 8, 13, 14, 19, 25, 26, 20, 158-62, 246-8, J25o-61. — Arch. de l'Inq. de Carcass. (Doat, xxvn. 7, 131; xxvm. 164.)