‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 499 sur 551 · RÔLE DU POUVOIR SÉCULIER · texte numérisé non relu

RÔLE DU POUVOIR SÉCULIER

Cette décrétale, qui fut incorporée dans le droit-canon, est très importante, car elle résume toute la doctrine de l'Eglise au sujet du châtiment des hérétiques. A l'imitation de la loi romaine de lèse-majesté, les biens de l'hérétique étaient censés perdus pour lui du moment où il commettait un acte d'hérésie. S'il se rétrac- D03 tait, on ne pouvait les lui rendre qu'à titre gracieux. Quand les tribunaux ecclésiastiques déclaraient qu'il était, ou qu'il avait été un hérétique, la confiscation s'opérait, pour ainsi dire, d'ellemême; l'acte de saisie des biens incombait au pouvoir séculier et c'est de lui seul qu'il dépendait d'épargner la fortune du coupable, par une mesure de clémence qui équivalait à un don. Rien de ce qui précède ne doit être oublié si l'on veut comprendre exactement certains détails qui ont souvent été mal interprétés.

La décrétale d'Innocent témoigne, en outre, de ce fait qu'au début de la lutte contre l'hérésie la principale difficulté rencontrée par l'Église en matière de confiscations consistait à persuader ou à forcer les puissances temporelles de faire leur devoir en s'emparant des biens des hérétiques. Ce fut là une des principales offenses que Raymond Vide Toulouse expia si durement, comme le lui expliquait Innocent en 4210. Son fils sut échapper à ce reproche. Dans ses statuts de 423i, en accord avec l'ordonnance de Louis VIII en 1226 et de Louis IX en 4229, il prononça la confiscation non seulement contre les hérétiques, mais contre tous ceux qui, d'une manière quelconque, favorisaient les hérétiques et refusaient d'aider à leur capture; toutefois, sa politique ne fut pas toujours d'accord avec sa législation et il fut plus d'une fois nécessaire de stimuler son zèle. Plus tard, lorsque tout danger de résistance par les armes eut disparu, les princes se montrèrent, en général, très zélés à

de les racheter au prix d'une amende de 500 livres d'argent (Roger. ïloveden. Annal, ann. 1 178.)

Le décret d'Alonso II d'Aragon contre les Vaudois, en 1194 (Pegnœ Comment. 39 in Eijmeric. p. 231), prononce la confiscation contre les fauteurs d'hérésie, mais il n'y a pas d • trace qu'on l'ait appliqué, non plus que les canons suhséquents du concile de Gérone en 1197 (Aguirre, v. 102-3). On peut en dire autant des édits d'Henri VI, en 1194, renouvelés par Othon IV en 1310 (Lami, Antich. TosGi p. 484).

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