X HISTORIOGRAPHIE DE L'INQUISITION
amères (1), semées clandestinement par la ville sur « rolles de papier », où un poète anonyme attaquait les principaux fauteyrs de ces persécutions, et notamment :
L'inquisiteur, à sa blanche barrette, Son velu nez et sa trongne maugrinne.
Des principaux a esté à la feste Pour pauvres gens tirer à la géhenne. . .
A cela près, toute la littérature concernant la répression de l'hérésie émane des inquisiteurs eux-mêmes. Elle consiste surtout en réfutations des erreurs hérétiques et en manuels destinés à guider les juges de la foi dans l'accomplissement de leur mission redoutable. Parmi ces derniers, citons la Practicalnquishionis heretke pramtatis de l'inquisiteur toulosain Bernard Gui (1331) et le Directorium inquisitorwn composé vers 1375 par l'inquisiteur catalan Nicolas Eymeric. Ajoutons-y la Lucerna inquxsilorum hœrelicœ pravitalis du P. Bernard de Corne (1510), le Catalogus fiœreticorum (1522) du frère Bernard de Luxembourg, les manuels d'inquisiteurs des espagnols Jacques Simanca et Jean de Royas et quelques apologies telles que celle de Louis de Paramo : De origine et progressif officii Sanctœ Inquisitionls ejusque utilitate et dignitate libri très (Madrid 1598.)
Mais déjà les beaux jours de l'Inquisition sont loin. Le lei juillet 1523 elle avait brûlé solennellement, sur la Grand'Place de Bruxelles, deux moines augustins d'Anvers : c'étaient les tout premiers protestants qui montaient sur l'échafaud. Aussitôt Luther écrivit son psaume vengeur : Ein neues Lied ivir heben an ! qui se terminait
(1) Mémcires du chroniqueur contemporain Jacques Du Clercq, t. m, p. 81-84.