‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 505 sur 551 · RÉPARTITION DES DÉPOUILLES · texte numérisé non relu

RÉPARTITION DES DÉPOUILLES

moment de son mariage, elle avait eu connaissance de l'hérésie de son mari et même, d'après quelques auteurs, si elle avait vécu avec lui après l'avoir reconnue, ou même, enfin, si elle avait manqué d'informer qui de droit dans les quarante jours après sa découverte. Comme, d'ailleurs, les enfants étaient incapables d'hériter, la femme d'un hérétique ne gardait la dot que sa vie durant, après quoi elle faisait retour au fisc (1).

Bien que la confiscation fût, en principe, l'affaire de l'État, *>10 la répartition des dépouilles n'obéissait pas à une règle invariable. Avant l'organisation de l'Inquisition, lorsque les Vaudois de Strasbourg furent brûlés, on nous apprend que leurs biens furent également divisés entre l'Église et les autorités séculières. Lucius III, comme nous l'avons vu, essaya d'assurer à l'Église le bénéfice exclusif des confiscations. Dans les États de l'Église, ce monopole allait de soi et Innocent IV, dans sa bulle Ad extirpanda de 1252, montra du désintéressement en consacrant tout le butin de la spoliation à l'encouragement des persécutions ultérieures. Un tiers était remis aux autorités locales, un tiers aux fonctionnaires de l'Inquisition, le reste à l'évêque et à l'inquisiteur, qui ne devaient l'employer qu'à la recherche des hérétiques. Ces dispositions furent maintenues, dans les rédactions postérieures de la même bulle, par Alexandre IV et Clément IV. Les cautions abandonnées revenaient tout entières à l'inquisiteur. Mais on en vint bientôt à croire que le règlement qui précède s'appliquait seulement aux États indépendants de l'Italie, car, en 1260, nous voyons Alexandre IV ordonner aux inquisiteurs de Rome et de Spolèfe de vendre les biens confisqués sur les hérétiques et d'en remettre le produit au pape lui-même; l'année suivante, en 1261, Urbain IV reçoit trois cent vingt livres comme produit de confiscations faites à Spolète (2).

(1) Archives de l'Evêché de Béziers (Doat, xxxi. 35). — Potthast n° 12743.

Isambert. i. 257. — C. 14 Sexto v. 2. — Zanchini Tract, de Hseret. c. xxv.

Livres de Jostice et de PUt, Liv. i. Tit. m. § 7.

(2) Hoffmann, Geschichte der Inquisition, n. 370. — Lucii PP. III. Epist. 171.— Innoc. PP. IV. Bull. Ad extirpanda, § 34. — Ejusd. Bull. Super extirpationt, 30 Mai 1254 (Ripoll, i. 247). — Alex. PP. IV. Bull. Dlscretioni ^Mag. Bull. Rom. », 120 . — Potthast n° 18200.

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