‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 508 sur 551 · AVIDITÉ DE LA CURIE · texte numérisé non relu

AVIDITÉ DE LA CURIE

fisc, n'accordant au Saint-Office que le remboursement des frais de la procédure. (1)

Dans les autres Etats italiens, la Curie pontificale trouva bientôt que sa part était insuffisante, dès qu'il ne fut plus nécessaire d'acheter, par l'abandon d'un tiers des dépouilles, ]a coopération du pouvoir civil. Les jurisconsultes ne sont pas d'accord sur l'époque où ce changement s'opéra : mais il est certain que dans le premier quart du xive siècle l'Église réussit à accaparer le produit entier des confiscations, qui était divisé également entre l'Inquisition et la Chambre pontificale. La rapacité avec laquelle cette source de revenus fut exploitée paraît clairement dans un épisode qui se produisit à Pise en d304. L'Inquisiteur Angelo da Reggio avait condamné la mémoire d'un citoyen défunt, Loterio Bonamici, et confisqué ses biens, dont une partie fut donnée par lui et une autre vendue à des prix que la Curie pontificale estima insuffisants. Làdessus, Benoit XI ordonna à l'évêque d'Ostie de ne pas punir l'inquisiteur, mais de faire librement usage des censures ecclésiastiques en recherchant les détenteurs des biens vendus pour les leur reprendre. Enfin, en 1438, Eugène IV restitua généreusement aux évêques la part revenant à la Chambre pontificale, afin de stimuler leur zèle contre les hérétiques. Là où févéque était aussi seigneur temporel, les confiscations devaient être 513 réparties également entre l'Inquisition et lui. Toutefois, Bernardo di Como, écrivant vers 1500, affirme que tout le produit des confiscations appartient de droit à l'inquisiteur, qui peut en disposer à sa guise ; mais il admet ensuite que la question est confuse et incertaine, vu les contradictions des décisions pontificales et de la jurisprudence dans les différents pays. (2)

(1) Albi/io, Bisposlo ql P. Paolo Sarpi, p. 23. — Sclopis, Antica Legislazione del Piémont, p. 485.

(2i Zanchini Tract, de Bseret.. c. xix, xxvi, xu. Cf. Pe^nae Comment, m Et/metic. p. 659. — Grand jean, Met), de Benoit XL n° 299. — Raynald. ann. 1438, no 24. — Bernardi Comens. Lucerna lnquis. s. v. Bona hwet com*», no 6, 8. — Dès 1387, dans les sentences d Antonio Secco contre les Vàudois des vallées alpines, on déclare que les confiscations doivent revenir exclusivement à l'Inquisition (Arcli'iv. Storic. Italiano, n° 38, p. 29, 36, 50.)

il faut dire, au crédit de Benoit XI, qu'en 1304 il autorisa Frà Simone, inquisi-

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