‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 509 sur 551 · CONDUITE DE SAINT-LOUIS · texte numérisé non relu

CONDUITE DE SAINT-LOUIS

En Espagne, on admit la règle que, si l'hérétique était un clerc ou un vassal laïque de l'Eglise, c'est l'Eglise qui gardait les biens confisqués ; autrement, ils revenaient au seigneur temporel (1).

Cette ardeur à spolier les malheureuses victimes de la persécution est particulièrement odieuse quand l'Église en donne l'exemple, et cet exemple peut, dans une certaine mesure, excuser les États qui agirent de même là où ils disposaient d'une autorité suffisante. Les menaces de coercition, d'abord nécessaires pour stimuler les princes temporels à confisquer les biens de leurs sujets hérétiques, devinrent bientôt superflues; ce fut une véritable curée, et jamais le désir des hommes de tirer profit du malheur de leurs semblables ne se montra sous un jour plus affligeant,

En Languedoc, l'Inquisition s'efforça d'abord de s'approprier le produit des confiscations afin de les faire servir à la construction et à l'entretien des prisons ; mais elle n'y réussit point. Dans le système féodal, les confiscations devaient revenir au seigneur haut-justicier. La rapide extension de la juridiction royale en France, pendant la seconde moitié du xme siècle, finit par faire du roi le bénéficiaire presque exclusif des biens confisqués. Au début, cependant, il y eut des querelles sur les dépouilles. Après le traité de Paris (1229), Saint-Louis, en accordant des fiefs dans les territoires récemment acquis 514 par la Couronne, semble avoir voulu trancher la question en se réservant les confiscations pour cause d'hérésie. On vit bientôt qu'il avait été heureusement inspiré. Les maréchaux de Mirepoix, membres d'une famille d'aventuriers qui avaient suivi Montfort, réclamèrent les biens meubles de tous les hérétiques pris sur leur domaines, même si ces biens se trouvaient sur le domaine du roi ; leur demande fut rejetée, en 4269, par le Parlement de Paris. Les évêques réclamèrent tous les biens des hérétiques qui vivaient sous leur juridiction et, au concile de

teur de Rom»-1 à restituer les biens injustement confisqués par ses prédécesseurs et à atténuer las peines infligées par eux s'il les considérait comme trop sévères (Grandjean, n° 1174).

(1) Alonsi de Spina Fortalicii Fi 'H, lib. h. consid. xi (fol. 71, éd. 1594).

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